Festival Présences Electronique 2006 : Pan Sonic / Main / AGF / Amon Tobin

 date du concert

11/03/2006

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

AGF / Amon Tobin / Festival Présences Electronique 2006 / Main / Maison de la Radio / Pan Sonic / Robert Hampson / Yoshihiro Hanno

 liens

Pan Sonic
Main
Amon Tobin
Robert Hampson
AGF

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Troisième jour du festival, avec en ce samedi une affiche susceptible d’attirer les foules, avec notamment Amon Tobin, certainement responsable de la monstrueuse file d’attente à l’entrée de la Maison de la Radio. Malheureusement tout le monde ne rentrera pas, même après avoir passé plus d’une heure à attendre dans le froid. C’est non sans mal que l’on parviendra à l’entrée, pour finalement accéder à cette salle tant convoitée.

On prend place rapidement au balcon où il ne reste que quelques places libres. Peu de temps après c’est Main qui commence son concert. Comme l’année dernière, Robert Hampson se produit à la console de mixage. Fidèle à lui même, il nous propose une très belle pièce, Umbra, créée pour l’occasion, alternant passages ambient et sonorités concrètes. Il s’agissait a priori du concert expérimental de la soirée mais sa musique concrète joliment emballée de nappes et autres douceurs fait passer la pilule et Main reçoit plutôt un très bon accueil, à juste titre.

L’allemande AGF que l’on suit avec une certaine assiduité prend alors place au milieu de la grande scène, avec laptop, console de mixage, et micro. Le bon point, c’est que c’est une des rares artistes à présenter une création un peu en marge de son travail, s’adaptant à l’exigence d’un festival organisé par le GRM. Malheureusement, tout ne semblait pas tout à fait au point. Son set commence par quelques notes de piano que l’on trouve dans ses derniers travaux, puis les machines triturent tout ça, et finalement vient la voix. Mais il fut difficile de déceler ici une véritable construction. L’ensemble restait très abstrait, et la voix qui sert généralement de liant, s’avéra ce soir trop monotone (ou plutôt monocorde), malgré l’utilisation de l’allemand, de l’anglais, et même du français. Par ailleurs, étant placé au balcon pour cette première série de concerts, la spatialisation perdait un peu de sa force, rendant l’appréciation plus difficile. Il fallait s’y attendre, le public est également resté en dehors, sans véritablement comprendre le travail de cette artiste.

Mais le bouquet, ce fut le concert de Yoshihiro Hanno, également présenté sous le nom de Radiq. Ce soir, nous avons eu l’impression de n’entendre ni les expérimentations de Yoshihiro Hanno, ni le projet plus dansant de Radiq. Son set divisé en trois partie n’avait ni queue ni tête. Ou plutôt disons qu’on avait en tête 10 minutes d’une mélodie de guitare (ou autre instrument à corde) à peine retravaillée. En guise de corps, 10 minutes d’expérimentations laptopesques, concassage électro-acoustique finalement guère inspiré. Et pour finir, 10 minutes de cordes. Quand on sait que l’artiste se produisait à la console de mixage, il y a de quoi se demander ce qu’il faisait exactement, mais surtout de quoi se demander quel est l’intérêt d’une telle prestation...

S’ensuit une longue pause afin de changer la configuration de la scène pour une deuxième partie que l’on abordera cette fois en bas. C’est Pan Sonic qui débute très très fort. Basses saturées, début de set sans concessions et plein d’assurance. Ça tape fort, c’est violent et les deux finlandais nous apparaissent en grande forme. Et puis il y a comme une faille : on se rend compte que cette soit disant création reste un concert classique du duo, avec non pas une seule et même pièce mais un enchaînement de morceaux, avec des cassures par quelques titres plus calmes, plus proche d’une certaine electronica. On sent que Mika et Ilpo sont revenu de l’ascétisme de leurs débuts. La construction est devenue plus classique, on trouve des percussions, des sonorités mélodiques, soit tous les éléments qui sont censés composer un morceau de musique. Après une quarantaine de musique on se dit que cela suffit, qu’on en a fait le tour, mais le concert durera près d’une heure. Pas désagréable bien sûr, mais sans surprise une fois passé le premier quart d’heure.

Les fans d’Amon Tobin qui se trouvaient à ma droite n’ont apparemment pas tout compris du précédent concert, mais la récompense est là. Le Brésilien prend place, équipé de deux platines et d’un laptop, nous proposant un set qui fut en fait une bonne surprise. Plus calme que ce à quoi on s’attendait, collage de sonorités diverses et samples musicaux traditionnels, avec parfois quelques élans rythmiques lorgnant vers une drum’n bass ou de l’electronica. L’autre surprise fut l’utilisation de la spatialisation, à laquelle on ne s’attendait pas et qui s’avéra également plutôt réussie. Finalement une belle conclusion à cette soirée présentant un panel assez large de la scène électronique actuelle.

Fabrice ALLARD
le 19/03/2006

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