Dérapages #1 : Kieran Hebden + Steve Reid / 2Kilos & More

 date du concert

13/05/2006

 salle

Café de la Danse,
Paris

 tags

2Kilos & More / Café de la Danse / Festival Dérapages 2006 / Four Tet / Kieran Hebden & Steve Reid

 liens

Four Tet
Kieran Hebden & Steve Reid
2Kilos & More
Café de la Danse

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En guise d’apéritif au festival Dérapages dont le gros de la programmation sera concentré du 24 au 28 mai, cette première soirée permettait de donner le ton avec le nouveau projet commun de Kieran Hebden et Steve Reid mêlant jazz et electronica, et en première partie le duo parisien 2Kilos & More, entre post-rock et electronica.

On découvrait donc ce soir ce jeune duo parisien qui a déjà fait quelques premières parties remarquées (Trisomie 31 au Nouveau Casino, Colder au Point Ephémère). Lui au laptop et machines, elle à la guitare, la formule est quelque peu intrigante. Les machines bruissent, des boucles expérimentales tournent au second plan, et puis la guitare fait son apparition, sombre et lente, minimaliste. Le mélange a de quoi plaire, quelque part entre un post-rock alangui (on pourra penser à Labradford) et une electronica arythmique aux expérimentations justement dosées, ponctuations de sifflements suraigus et bruits blancs. On a l’impression de voir une jeune femme fan de post-rock, un jeune homme fan d’electronica, mais la fusion opère globalement pas mal. Post-rock et electronica étant des genres suffisamment larges, le groupe se renouvelle sans peine d’un morceau à l’autre. Quand la guitare se fait plus claire on obtient une electronica mélodique de fort belle facture, tout à fait touchante, quand les percussions sont plus dures se sont les influences industrielles du duo qui se font jour, avec régulièrement des détours par l’ambient (nappes électroniques, jeu de guitare à l’e-bow ou au glissement d’une baguette de batterie).
Un concert plaisant donc, mais on regrettera le manque d’inventivité ou de prise de risque, se cantonnant un peu trop aux territoires balisés de l’electronica et de l’ambient, avec quelques faiblesses comme des rythmiques trop bien huilées ou qui se fondent mal sur des nappes de guitare. Reste à voir ce que cela donnera sur disque puisque l’album est déjà prévu pour... début 2007 !

Le temps d’installer la batterie de Steve Reid et les machines de Four Tet, et le deuxième concert peut débuter. Les deux hommes se font face, donnant l’impression d’un duel entre acoustique et électronique, une formule que le duo expérimente depuis maintenant un peu plus d’un an. Confrontation de deux univers avec le batteur Steve Reid issu du milieu du jazz (collaborations avec Miles Davis, James Brown, Sun Ra) et influencé par les polyrythmies africaines qu’il étudia sur place pendant trois ans et Four Tet dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, que ce soit pour ce projet ou en tant que membre de Fridge. On était assez curieux de voir comment allait se faire ce mélange, et on est tout d’abord fort agréablement surpris. Démarrage en trombe, Steve Reid semble complètement dans son trip, presque en transe, accompagnant son jeu de cris, semblant apprécier ces quelques passages où les deux musiciens sont sur la même longueur d’onde. On sera également surpris par Four Tet que l’on commençait à abandonner avec des albums de moins en moins aventureux et qui semble, avec ce projet, se remettre en cause. Ce début de concert le voit produire une musique très abstraite, lançant de brefs bruitages avec son sampler, s’intercalant ou enrichissant encore la partie rythmique.
La première moitié de concert fut donc pleine de surprises, face à cette formation plutôt risquée. Malgré quelques passages à vide lorsque Kieran Hebden restait bloqué sur une boucle mélodique, notre attention ne diminua pas, absorbé que l’on était par le jeu des deux hommes. Et puis en milieu de concert, on commence à reconnaître des éléments de Four Tet, des mélodies qui tournent un peu trop en boucle, efficaces certes, mais faisant déjà montre des limites de l’artiste ou de ses machines. Face à la rigidité de l’électronique, Steve Reid s’adapte. Au lieu d’assister à un véritable dialogue entre les deux hommes, on assiste plutôt à une direction assurée par Four Tet qui commence à lancer ses samples, auxquels s’adapte Steve Reid en improvisant par dessus. Le jeu de Four Tet étant ensuite relativement limité, lançant quelques samples, ou collant à la rythmique par des effets de syncope appliqués grâce à sa table de mixage.
Mais l’ensemble reste toujours très efficace, et le public en redemande, assurant ainsi un nouveau morceau en guise de rappel. Une prestation intéressante mais qui atteint trop rapidement ses limites.

Fabrice ALLARD
le 14/05/2006

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