Dérapages #1 : Radian / PlanningToRock / Duracell

 date du concert

26/05/2006

 salle

Café de la Danse,
Paris

 tags

Café de la Danse / Duracell / Festival Dérapages 2006 / Martin Brandlmayr / PlanningToRock / Radian

 liens

Radian
PlanningToRock
Duracell
Café de la Danse
Martin Brandlmayr

Retour au Café de la Danse après la soirée TG / No Neck Blues Band aux Instants Chavirés, avec ce soir Radian en tête d’affiche, et du côté des découvertes, l’anglaise PlanningToRock et le français Duracell.

C’est André Diamant, soit Duracell qui débute la soirée. Seul à la batterie, installé en contrebas de la scène, comme pour mieux sentir le public autour de lui. La configuration est assez particulière, puisqu’à chaque coup donné sur ses fûts, le Français déclenche des sonorités électroniques sur son laptop. On devine des capteurs sur la batterie, mais la synchronisation entre la rythmique et les mélodies pourra paraître quelque peu magique aux non initiés.
La partie électronique quant à elle sonne cheap, et pour cause, puisque Duracell, visiblement fan de vieux jeux vidéo (Atari, Amiga), interprète avec cette formule originale des musiques de jeux d’arcade. Il nous livre d’ailleurs tous les détails : nom du jeu, musique extraite du niveau 2, musique de l’écran des "High Scores" ou du "Game Over". Les spectateurs entendent donc ces vieilles ritournelles électroniques, et bien sûr la batterie qui leur confère une deuxième jeunesse, et surtout une énergie nouvelle. Duracell alterne musiques de scènes de jeu, au tempo souvent soutenu (la musique doit entraîner le joueur, coller au rythme du jeu), et passages un peu plus calmes des écrans intermédiaires, mais se révèle époustouflant (même si on frôle la démonstration) dans les passages les plus rapides.
Bien sûr, il ne s’agit "que" de musiques de jeux vidéo, et au bout de quelques morceaux on a compris le truc, mais ce concentré d’énergie ramassé en 30mn était en fin de compte parfait.

On enchaîne avec Radian que l’on ne se lasse pas de voir, et qu’on avait encore pu apprécier il y a quelques mois en Belgique lors du festival FatCat. Justement lors de ce festival nous avions été agréablement surpris par l’aisance du groupe, sa facilité à produire une musique à la fois expérimentale et groovy. Par contre nous n’étions pas surpris par la musique, alignant tous les "tubes", largement empruntés aux deux albums parus chez Thrill Jockey. On ne s’attendait à rien de plus ce soir, autrement un excellent concert, mais sans surprises.
Ce fut effectivement un excellent concert, mais pour des raisons que nous n’attendions pas. Celui-ci débute comme d’habitude par quelques titres efficaces, plus faciles d’accès que leur début de carrière, avec des rythmiques subtilement fracturées. Puis une petite pause, le public applaudi, les éclairages changent, ambiance plus feutrée, et le groupe se lance dans quelques séquences plus calmes, aux expérimentations plus affirmées. On se dit qu’il s’agit de nouveaux titres qu’ils expérimentent sur scène, et on a l’impression d’assister à une réelle remise en question de leurs derniers travaux. Travail toujours aussi fin, encore plus subtile et une importance nouvelle donnée au bassiste (John Norman), moins discret qu’auparavant, et rivalisant parfois, de part les sonorités produites (basses granuleuses), avec Stefan Németh aux machines.
Le concert se terminera comme il a commencé, avec quelques titres qui fonctionnent à tous les coups, nous donnant presque envie de danser. Le public apparemment conquis (écoute religieuse) en redemandera, et nous aurons droit à un petit rappel. On est content du concert, et content pour le groupe, très bien accueilli.

La soirée devait se terminer par la performance de PlanningToRock, soit une anglaise, Janine Rostron, exilée à Berlin où elle a créé son propre label, Rostron Records. Après un petit problème technique l’empêchant de démarrer son set, une vidéo sert d’intro, où l’on voit PlanningToRock se mettre en scène sur une musique d’opéra. Sur scène, une série de chapeaux/masques, et une chaise.
Passé l’introduction, la voilà qui apparaît sur scène. Le laptop diffuse la musique pendant qu’elle fait son show, avec un premier titre digne d’une comédie musicale. La suite est un peu plus complexe : la mise en scène est toujours très importante, trop peut-être diront certain. PlanningToRock enfile un chapeau ou un masque, objets de sa création, et on la retrouve dans les projections avec le même déguisement, dans la rue. Musicalement, tout s’embrouille, entre fanfare et hip-hop, rock et électronique, cabaret déglingué et comptines malades.
L’ensemble tient plus de la performance que du concert à proprement parlé, et se révèle particulièrement arty, une sorte de croisement entre Kevin Blechdom et Matthew Barney. Comme pour Duracell, un set d’une trentaine de minutes correspondait à ce qu’il fallait. Après on se serait certainement lassé.

Fabrice ALLARD
le 27/05/2006

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