Dérapages #1 : Tender Forever / Valerie / Barth

 date du concert

27/05/2006

 salle

Café de la Danse,
Paris

 tags

Café de la Danse / Festival Dérapages 2006 / Tender Forever / Valerie

 liens

Tender Forever
Valerie
Café de la Danse

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Avant dernière soirée du festival Dérapages, avec un public venu en nombre ce samedi soir, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Entre Barth, Tender Forever et Valerie, difficile d’y trouver la moindre tête d’affiche. C’était aussi l’affiche la plus pop-rock du festival, ceci expliquant peut-être que l’on eut un peu plus de mal avec certains artistes, quoi que...

On commence avec Barth, apparemment projet d’un seul homme qui prend la forme d’un véritable groupe sur scène, puisque celui-ci, déjà au chant et à la guitare, se voyait accompagné d’un batteur, un guitariste et un clavieriste.
On en fera assez vite le tour, avec une pop certes colorée, dont on peu comprendre qu’elle fonctionne (le public avait l’air de marcher), mais qui se révelle tout de même guère inventive. C’est quand même au point où dès le second morceau, du chant uniforme à la batterie prévisible, en passant par les accords d’orgues, tout nous énervera. Impression d’avoir déjà entendu ça des dizaines de fois, on s’ennuie au bout de 5mn, et on préfère abandonner la salle, avec le poil hérissé. Insupportable.

Affiche contrastée puisque l’on enchaîne avec Tender Forever. Une jeune femme toute seule qui chante, danse, joue du clavier, de la guitare tandis que des laptops font le plus gros. Le premier titre ne laisse rien présager, petite ritournelle électro-pop avec un clavier un peu kitsch. Par contre Mélanie Valera parle beaucoup, à sa manière, spontanée, et ne manque pas d’humour. Elle parle d’erreurs de journalistes qui ont mal lu le dossier de presse et qui annoncent qu’elle a fait l’Olympia alors que c’est le nom de la ville où elle vit, aux Etats-Unis, d’un festival où elle jouait la veille et de sa peur d’être ridicule sur une scène trop grande, un humour décalé, une bonne dose de dérision quand elle parle de mettre les stroboscopes sur le prochain titre ou quand elle évoque un article de presse parlant d’"icone gay" devant un public acquis à sa cause. Ce sont toutes ces petites interventions qui nous rendent le personnage attachant.
Bien sûr il n’y a pas que ça. Sa musique se révèle souvent efficace, particulièrement fine, proche d’une certaine electronica au niveau du travail rythmique, avec un petit côté fracturé qui ajoute à la fragilité que dégage déjà Mélanie dans sa façon de s’exprimer, ses hésitations, ses phrases qu’elle ne finit pas pour embrailler sur autre chose, sa façon de danser, toute en cassure. Sa musique est du même accabit, passant d’un instrumental sautillant à une pop douce et grave, seule avec sa guitare pour que les critiques ne disent pas qu’elle se contente de faire un karaoke avec son laptop.
Vous l’aurez compris, Tender Forever c’est un tout, c’est une vraie personnalité, une véritable artiste, pleine d’énergie tout en étant souvent émouvante. Bref, on l’adore et on repart avec l’album paru fin 2005 chez K Records.

Dernier groupe de la soirée, les Valerie. Groupe de filles venu de Manchester, soit disant disco-punk. Pour ce qu’on en verra, ca sera surtout très punk au sens premier du terme : on ne sait jouer d’aucun instrument, mais on fait de la musique. On a alors l’impression que la guitariste tient un jouet dans les mains et peine à sortir quelques notes qui tiennent la route, tandis que le jeu de la batteuse est pour ainsi dire... primitif. Quant à la chanteuse, elle aura beau se jeter à nos pieds (après V/Vm ça fait beaucoup en peu de temps !!), rien n’y fera. Bon en fait il faut avouer qu’on est pas très punk (ni très disco), et qu’après un certain effort pour supporter trois titres, on quittera une nouvelle fois la salle.

Fabrice ALLARD
le 28/05/2006

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