Soirée Shitkatapult : Apparat / Judith Juillerat

 date du concert

20/10/2006

 salle

Beursschouwburg,
Bruxelles

 tags

Apparat / Beursschouwburg / Judith Juillerat

 liens

Apparat
Judith Juillerat
Beursschouwburg

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En cette veille de Panoptica 2006, nous faisons le déplacement dans la capitale pour y retrouver le héros de l’édition 2005 et nous constaterons qu’il a encore progressé en un an. Cette labelnight Shitkatapult fait partie d’une bien alléchante série de concerts electronica organisée par le VK, autrefois plus connu dans le milieu indie, après Helios et Deaf Center le mois dernier, et avant notamment Isan, B. Fleischmann et Christian Kleine le mois prochain. Le concert de ce soir a lieu dans la confortable salle du Beursschouwburg et sera suivi, dans le café, d’une soirée animée par Daniel Meteo, "labelman" de Shitkatapult.

On pénètre dans la salle au son des premières notes de la prestation de Judith Juillerat, que nous nous réjouissions de découvrir. Ce ne fut pas une déception : les climats poétiques et délicats instillés par la Française charment assurément l’oreille. Soignant très bien ses constructions et ses transitions - qualité très appréciable -, elle propose de soyeuses pièces aux accents presque cold-wave ou parfois lorgnant vers cette forme de dub électronique délicat prisée outre-Rhin, posant de temps à autre sur ses structures profondes et mélancoliques un filet de voix robotique évoquant la tutelle d’Anne Clark ou le cousinage revendiqué avec Björk. Mélodies fluettes sur nappes aérées, ce fut une très plaisante excursion bucolique bien de saison.

Dès que s’est envolée la dernière note de Judith, Sascha Ring prend place au laptop, ôtant rapidement son bonnet puis sa veste de survêtement. C’est que, accueilli par des acclamations démontrant bien qu’il a désormais acquis un statut de star de cette scène musicale, il vivra pleinement, à chaque instant, les ébouriffantes fluctuations sismiques que délivrera un laptop nourri et manié avec une maestria confondante. Les couches s’empilent (on pourra parfois dénombrer jusqu’à une dizaine de sons ou boucles superposés), virevoltent, s’envolent, avancent, reculent, tourbillonnent, partent où on ne les attend pas, en tension et évolution constante.
C’est, somme toute, à un véritable travail sur le concept même de son que l’Allemand s’adonne depuis qu’il a laissé de côté l’electronica plus classique, et non moins enivrante, de ses premiers travaux discographiques. Il ne laisse aucun répit aux sons qu’il crée, ni aux auditeurs qu’il entraîne dans une sarabande effrénée et jouissive. Ne laissant rien de côté, il impose un chemin, fait s’entrecroiser, disparaître et réapparaître ses boucles et structures, juxtapose une mélodie mutine à une rythmique hip hop, puis un gimmick acid roboratif à des clicks réverbérés, passant tout à la moulinette pour, au final, en sortir un set d’une bonne heure incroyablement varié et cohérent.

Doublé d’un caractère modeste et effacé, surpris de l’intérêt pourtant on ne peut plus mérité qu’on lui porte - ce qui constitue un point commun entre Apparat et Vector Lovers, la sensation liégeoise du lendemain -, l’Allemand aura véritablement impressionné et conquis son auditoire, comme à l’accoutumée. Si l’on ajoute la prestation soignée et prometteuse de Judith Juillerat, on obtient tous les ingrédients d’une excellente soirée musicale.

Gilles Genicot
le 23/10/2006

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