Matmos / Zeena Parkins

 date du concert

27/09/2006

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Matmos / Zeena Parkins

 liens

Matmos
Centre Pompidou

Zeena Parkins, qui accompagne ses amis de Matmos pour cette tournée, débute la soirée par la présentation de quelques unes de ses propres compositions. Elle laisse de côté sa harpe traditionnelle pour jouer sur un modèle artisanal et amplifié, relié à des pédales d’effet. Elle se livre à des expérimentations en touchant peu aux cordes de son instrument (on sent qu’elle oublie volontairement sa virtuosité). Elle joue avec les effets et les nappes qu’elle superpose. À New-York, devant un public d’amateurs de musique savante, cela doit sembler aventureux et être très apprécié. Pour notre part, on a déjà vu des musiciens qui ne disposaient que de 6 cordes et d’une pédale de distortion être bien plus excitants.

Puis Matmos débarque sur scène. Ils disposent, outre leur matériel habituel, d’un piano à queue pour Schmidt. Ils sont accompagnés sur cette tournée par Nate Boyce, artiste vidéo avec lequel ils collaborent fréquemment sous le nom de Phase Chancellor, et par Zeena Parkins qui, pour être incognito, a passé une perruque brune qui masque sa crinière léonine tellement années 80. Ils jouent beaucoup de nouveaux morceaux, notamment le tube (en puissance ?) qui donne son titre au dernier album The Rose Has Teeth in The Mouth of a Beast. Des vidéos sont projetées sur l’écran en fond de scène, qui permettent de retracer l’origine des sons employés dans leurs morceaux.

À l’instar d’un Matthew Herbert, les Matmos accordent beaucoup d’importance à l’origine non-synthétique de leurs échantillons sonores : ballon de baudruche qu’on frotte, cliquetis de la machine Enigma dont Alan Turing avait brise le code. Leurs morceaux ont souvent la même structure, et commencent par un son originel, qui va être successivement répété, transformé, dédoublé en couches superposées, et enrichi par des sons additionels. Le processus pourrait rappeler les pires heures de la trance des années 90, avec ses morceaux où une nouvelle nappe commençait toutes les 30 secondes, puis continuait sans aucune variation. Bon heureusement ici les Matmos ont l’intelligence de brouiller les pistes et de vite rendre indissociable les strates du mille-feuille sonore qu’ils nous cuisinent.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 27/10/2006

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