Soirée Brocoli : Minizza / D. Fenech / R. Lericolais / M. Chion / Pierre-Yves Macé

 date du concert

05/10/2006

 salle

OpA,
Paris

 tags

Daniel Palomo Vinuesa / David Fenech / Michel Chion / Minizza / OpA / Pierre-Yves Macé / Rainier Lericolais

 liens

David Fenech
Minizza
Pierre-Yves Macé
Michel Chion
Daniel Palomo Vinuesa
OpA

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Après l’excellent album de Minizza chroniqué sur ces pages, on avait hâte de découvre le groupe sur scène à l’occasion de cette soirée Brocoli avec de nombreux artistes tournant autour de cette jeune structure parisienne. Au programme, quelques surprises comme David Fenech, Rainier Lericolais que l’on connaissait pour ses sorties chez Optical Sound, ou encore Discipline, autre habitué de ces pages.

Le premier live étant prévu pour 20h, on arrive dans les temps, mais il y a encore assez peu de monde. C’est à 20h30 que débute celui-ci avec Rainier Lericolais. Habitué à ses travaux de découpage-montage de séquences de piano, on ne sera pas dépaysé dans la première partie de son set, dans cette droite lignée, mais on regrettera que la part de glitchs et autres data errors ne soit pas plus présente. Mais l’esprit reste le même. Dans la deuxième partie par contre, on découvre une autre facette de son travail avec une musique basée sur des sons de clarinette. Sur la forme, pas de grosse différence, mais ce son plus doux, moins sec, change la donne et procure une impression de lissage qui nous décevra.

On enchaîne avec Minizza, soit le duo formé par Geoffroy Montel et Franck Marguin, avec également sur scène Daniel Palomo Vinuesa qui participe assez régulièrement sur l’album. Leur set sera très différent de l’album, avec une musique basée sur une oeuvre de Camille Saint-Saëns et un texte du réalisateur Terrence Mallick (La Ligne Rouge et plus récemment Le Nouveau Monde). Une seule pièce d’environ 30mn comme pour la plupart des concerts de la soirée, avec une ambiant ondulante et riche, et spoken words. Il sera difficile d’apprécier la participation de Daniel Palomo Vinuesa qui jouera avec une flûte électronique et des joypads en guise de contrôleurs qu’il manipulera de la pointe des orteils. Un excellent concert qui restera un très beau souvenir.

On attendait beaucoup de la performance de Michel Chion, ne serait-ce que pour enfin mettre un son sur ce nom connu. Michel Chion est à la fois compositeur (membre du GRM dans les années 70), réalisateur, écrivain, membre de la rédaction des Cahiers du Cinéma dans les années 80. Son set sera un extrait de son album Tu qui viens tout juste de sortir en tant que deuxième référence du label Brocoli. On sera en fait très déçu par celui-ci, peut-être trop littéraire pour nous, avec une musique certe concrète mais en grande partie construite sur des voix, avec une forte dominante théâtrale. A réserver aux fans de ce grand monsieur de la musique concrète. En ce qui nous concerne on s’arrêtera là pour le moment.

On continue le marathon avec dans cette deuxième partie de soirée, David Fenech que l’on n’avait pas vu depuis des lustres, alors que sortait son album Grand Huit, en 2000. A vrai dire, on ne le reconnait pas, sa musique a énormément changé. Si à l’époque on le comparait à Tiersen et Comelade avec sa pop ludique et enfantine, on a aujourd’hui l’impression de voir un artiste qui s’est adapté aux techniques du moment : sample en direct et superposition de boucles. La guitare domine, mais c’est sa voix qui subjugue, quelques choeurs à la manière d’une plainte lointaine, mélodique et touchante.
Par la suite on se rapproche du travail sur guitare préparée, celle-ci posée sur une table, quelques coup de cuillères bien placées sur les cordes, on assiste à une montée plus dure, plus nerveuse, mais qui nous semblera aussi mal maîtrisée. Un dernièr titre chanté, final cut up, et applaudissements. Même si on mettra un petit bémol sur la séquence des cuillères, c’est le genre de concert qui donnera envie d’en écouter un peu plus, et notre deuxième coup de coeur de la soirée.

On découvrira ensuite Pierre-Yves Macé, jeune expérimentateur français ayant déjà sorti deux albums sur des labels de haute volée : Tzadik et Sub Rosa. Son champ d’action est assez large, allant de la pop à la musique contemporaine, composant pour instruments acoustiques ou à base d’enregistrements pour ses pièces de musique concrète comme c’était le cas ce soir avec un extrait d’une oeuvre en cours d’élaboration intitulée Le livre des passages. Pour ce projet, Pierre-Yves Macé travaille à partir de vieilles chansons qu’il découpe, mixe, recolle, extrayant de bref extraits ou utilisant parfois des passages plus conséquents. Un live de platiniste à base de chansons réalistes du début du siècle, souvent intéressant, parfois passionnant, mais aussi approximatif car si le grammophone ajoute au charme, son utilisation semble un peu plus complexe qu’une platine Technics. On ne lui en tiendra pas rigueur, il s’agissait ici d’une présentation d’un travail en cours d’élaboration et qui à terme sera certainement plus approprié à l’écoute d’un enregistrement plutôt qu’en performance live.

On temrinera avec Daniel Palomo Vinuesa dont nous avions chroniqué Le Projet Flou il y a maintenant presque 4 ans. On a retrouvé Daniel l’an dernier, participant à l’album de Minizza, tandis que sortait cet été son album intitulé L’Homme Approximatif chez Signature, le label de Radio France. Il est accompagné sur scène de Pascal Dalmasso à la guitare, collaborateur de longue date. Après les joypads pendant le concert de Minizza, Daniel se sert ici un tapis de danse utilisé dans certains jeux vidéos. Son utilisation restera anecdotique (simple déclencheur de samples), et Daniel utilise ici son instrument de prédilection, le saxophone. On retrouve donc ce mélange électro-jazz qu’on lui connaissait, tandis que Pascal Dalmasso nous énerve à faire le virtuose ou a se lancer dans des séquences prog-rock. Après quelques titres, les rythmiques groovy fusent, et l’intérêt mitigé que l’on éprouvait sur la première partie de ce set se transforme en réelle déception. Déception d’autant plus grande qu’en ayant parlé de cet artiste il y a quelques années et ayant beaucoup apprécié ce premier CD, on était plutôt enthousiaste à l’idée de le voir sur scène.

Finalement on quittera la salle avant la fin de son set afin d’attrapper le dernier métro. On ratera donc Discipline que l’on aurait bien aimé revoir, mais les occasions ne manqueront certainement pas.

Fabrice ALLARD
le 05/11/2006

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