Andy Moor + Yannis Kyriakides + Steve Heather + Joe Williamson

 date du concert

27/10/2006

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Andy Moor / Instants Chavirés / Yannis Kyriakides

 liens

Yannis Kyriakides
Instants Chavirés

Ayant parlé à deux reprises de Yannis Kyriakides en l’espace de 6 mois, on ne pouvait rater cette occasion de le voir ur scène, même s’il ne s’agissait pas ici d’un solo. Annoncée comme un set d’improvisation sur le film Paris qui dort de René Clair, la soirée débutera par un concert de ce quatuor : Yannis Kyriakides à l’électronique donc et Andy Moor à la guitare (ces deux hommes dirigeant le label Unsounds qu’ils créèrent en 2001), Steve Heather aux percussions, et Joe Williamson à la contrebasse.

Les choses se mettent en place doucement, Kyriakides donne le tempo avec quelques bruitages réguliers, Andy Moor se fait hésitant avec sa guitare, Steve Heather se contente de balais ou de légers coups sur ses percussions, tandis que Joe Williamson n’attaque sa contrebasse qu’avec un archet. Bientôt Moor se met a jouer de façon régulière lui aussi, puis ce sont les percussions de Heather qui prennent le pli et finalement la contrebasse. Tous les éléments s’imbriquent pour un superbe passage rock qui fait taper du pied ou hocher de la tête et qui ne donne pas vraiment l’impression d’être improvisé.
Au bout de 10mn, ca finit en queue de poisson, enchaînant directement avec une séquence très free, Moor se fait bruitiste avec sa guitare et Kyriakides lui répond avec des samples de bruitages métaliques. La deuxième partie est menée par les percussions et la contrebasse, apportant d’abord une certaine chaleur rythmique, quelques glissandos de cordes, avant que Moor ne prenne le relai. Finalement, une fois de plus tout le monde se retrouvera sur une belle montée, tant au niveau du tempo dirigé par le duo Heather / Williamson que par la densité et le volume sonore produit par Kyriakides / Moor.

Après cette première pièce d’environ 26 minutes, il nous offriront un autre set d’un gros quart d’heure. Lente mélodie de guitare, quelques accords de violoncelle, soit une intro très sage ponctuée de quelques bruitages sortis du laptop de Kyriakides. Un set très calme qui verra même Moor arrêter les quelques triturages de son instrument pour se mettre quelques instants à l’écart. On s’approche alors doucement du drone, jusqu’à ce que seule une nappe ondulante de Kyriakides se fasse entendre, ponctuée de gros mais épars matraquages de percussions par Heather pour un superbe final.

Après une pause, se fut donc au tour de l’improvisation sur le film de René Clair. Etrangement, ca sera déjà la troisième fois que l’on assistera à un ciné-concert sur ce même film puisque l’on avait déjà pu voir Pita et ErikM se prêter à ce petit jeu. Après le concert auquel on venait d’assister, on se rendra compte que l’image qui peut aider à faire passer une musique pas facile d’accès (donnant des repères, des visuels auxquels se raccrocher, à lier à la musique), peut aussi distraire notre attention de la musique. Tout le monde à tourné sa chaise vers l’écran, les musiciens sont dans notre dos, donnant l’impression d’accompagner les images alors que l’on est plus habitué, en concert, aux images qui accompagnent les musiques. On sera ensuite un peu gêné par le film, ou plutôt par la version présentée, avec images jaunies et flashbacks en noir et blanc, ralentis et scènes coupées. On aura au final un peu de mal à apprécier la performance des musiciens à sa juste valeur, nous interpelant quand ils imitaient à la perfection de possibles éléments du films (les pas du héros descendant les marches de la tour Eiffel), nous ennuyant quand ils étaient en complet décalage (séquence nerveuse alors qu’il ne se passe rien à l’image).

Une impression mitigée donc pour cette performance, tandis que l’on gardera un excellent souvenir des concerts.

Fabrice ALLARD
le 05/11/2006

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