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	<title>EtherREAL - Magazine de musiques actuelles - &#233;lectroniques, exp&#233;rimentales - et de pratiques artistiques contemporaines</title>
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		<title>HADOPI et les labels ind&#233;pendants</title>
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		<dc:date>2009-09-06T22:16:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Allard</dc:creator>


		<dc:subject>Bip-Hop</dc:subject>
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		<description>L'univers de la musique (et du cin&#233;ma) a &#233;t&#233; particuli&#232;rement anim&#233; au printemps dernier, secou&#233; par les p&#233;rip&#233;ties d'une loi dites &quot;Cr&#233;ation et Internet&quot; visant &#224; mettre en place une autorit&#233; publique, la Haute Autorit&#233; pour la Diffusion des &#338;uvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI). Les d&#233;bats ont &#233;t&#233; nourris &#224; l'Assembl&#233;e nationale, tous les partis politiques y ont pris part, et les m&#233;dias s'en sont naturellement fait &#233;cho. On a eu des pour et des contre, que ce soit &#224; droite ou &#224; gauche, mais (...)

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&lt;a href="http://www.etherreal.com/spip.php?mot2323" rel="tag"&gt;Ego Twister&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.etherreal.com/spip.php?mot2973" rel="tag"&gt;SEM label&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.etherreal.com/spip.php?mot3491" rel="tag"&gt;Kythibong Records&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.etherreal.com/spip.php?mot3788" rel="tag"&gt;Ici d'Ailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'univers de la musique (et du cin&#233;ma) a &#233;t&#233; particuli&#232;rement anim&#233; au printemps dernier, secou&#233; par les p&#233;rip&#233;ties d'une loi dites &quot;Cr&#233;ation et Internet&quot; visant &#224; mettre en place une autorit&#233; publique, la Haute Autorit&#233; pour la Diffusion des &#338;uvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI). Les d&#233;bats ont &#233;t&#233; nourris &#224; l'Assembl&#233;e nationale, tous les partis politiques y ont pris part, et les m&#233;dias s'en sont naturellement fait &#233;cho. On a eu des pour et des contre, que ce soit &#224; droite ou &#224; gauche, mais &#224; l'&#233;coute des m&#233;dias, on avait l'impression que tous les artistes &#233;taient pour, certains m&#234;me malgr&#233; eux, devant alors revenir &#224; la charge pour corriger certains propos (Cut Killer a demand&#233; &#224; ce que son interview soit supprim&#233;e du site de soutien &#224; HADOPI).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne va pas se lancer ici dans une analyse compl&#232;te de la loi ou de la situation actuelle de l'industrie du disque, un simple article n'y suffirait pas. On va juste rappeler quelques &#233;l&#233;ments cl&#233;s de cette loi afin de bien comprendre de quoi il s'agit et de mieux appr&#233;hender la suite de cet article :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.etherreal.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; mise en place d'une autorit&#233; publique ind&#233;pendante, l'HADOPI, charg&#233;e de faire respecter les droits d'auteurs sur internet, mettre en avant les sites l&#233;gaux, veiller &#224; l'interop&#233;rabilit&#233; des syst&#232;mes de DRM
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.etherreal.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; mise en place de la r&#233;ponse gradu&#233;e en cas d'infraction, avec deux niveaux d'avertissement puis coupure de l'acc&#232;s internet
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.etherreal.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; n&#233;cessit&#233; pour les internautes d'installer un logiciel de type mouchard, qui permettra de garantir leur bonne foi s'ils &#233;taient suspect&#233;s de piratage&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On avait beau suivre les id&#233;es des uns et des autres sur les principaux m&#233;dias et &#234;tre passionn&#233; de musique, on avait un peu de mal &#224; se sentir concern&#233; par cette loi, puisque mis &#224; part la &lt;a href='http://www.irma.asso.fr/Lettre-ouverte-Hadopi-aux-deputes' class='spip_out' rel='external'&gt;lettre ouverte&lt;/a&gt; des pr&#233;sidents de la FEPPIA et de CD1D, la plus grande part des acteurs s'exprimant sur le sujet &#233;taient des majors ou des artistes sign&#233;s sur ces majors. C'est dans ce contexte que l'on a donc d&#233;cid&#233; de donner la parole aux labels ind&#233;pendants fran&#231;ais, &#224; ceux dont nous parlons en g&#233;n&#233;ral ou dont on serait susceptible de parler.
&lt;br /&gt;Cette consultation a &#233;t&#233; lanc&#233;e le 9 mai aupr&#232;s d'une vingtaine de labels : Adluna Records, Annexia, Arbouse Recordings, Baskaru, Bip_Hop, Brocoli, Brume Records, Clapping Music, Effervescence, Eglantine, EgoTwister, Hip Notik Records, Ici d'Ailleurs, Kythibong, M-Tronic, Monopsone, MonsterK7, Optical Sound, PPT/Stembogen, Ronda, SEM Label, We Are Unique ! Records. Bien s&#251;r, on n'a pas eu 100% de r&#233;ponses, mais certains ont r&#233;pondu &#224; nos questions d'autres nous on envoy&#233; vers quelques sources d'informations permettant de lancer des id&#233;es de r&#233;flexion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre questionnaire portait sur 5 points que l'on reprendra ici tels quels dans un soucis de clart&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que les ind&#233;pendants pensent d'HADOPI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous le pr&#233;ciseront Franck (Brocoli) et Yan (EgoTwister), il y a label ind&#233;pendant et label ind&#233;pendant. Pas s&#251;r en effet que tous nos lecteurs soient au courant de ce qui se cache derri&#232;re un label ind&#233;pendant, en tout cas pour les musiques qui nous int&#233;ressent ici. Il y a bien s&#251;r des petites entreprises, mais aussi beaucoup de simples associations loi 1901, des particuliers passionn&#233;s dont la profession le jour permet d'&#233;diter de temps en temps, &#224; 300 ou 500 exemplaires un album coup de c&#339;ur avec bien souvent un deuxi&#232;me album a condition d'&#234;tre rentr&#233; dans ses frais sur le premier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fonction du niveau de professionnalisation de la structure, le rapport &#224; HADOPI sera quelque peu diff&#233;rent. Dans le registre &quot;je fais mon label dans mon coin&quot;, les propos de Yan (EgoTwister) sont on ne peut plus clairs : &#171; &lt;i&gt;Je me sens tr&#232;s concern&#233; d'un point de vue personnel, en tant qu'utilisateur d'internet, mais absolument pas en tant que &#8220;label manager&#8221;. Mon label &#339;uvre essentiellement hors du circuit industriel et professionnel, les ventes ne g&#233;n&#232;rent pas assez de recettes pour financer les sorties, et les artistes ne sont pas r&#233;tribu&#233;s sur les ventes.&lt;/i&gt; &#187;, mais s'ils le disent autrement, on se rend compte que la plupart des labels qui nous ont r&#233;pondu mettent en avant le m&#234;me probl&#232;me, &#224; savoir une atteinte aux libert&#233;s individuelles qui inqui&#232;te &#233;norm&#233;ment. Pour St&#233;phane (Ici d'Ailleurs) &#171; &lt;i&gt;la loi Hadopi malgr&#233; son apparente d&#233;fense des artistes, n'est qu'un moyen de fliquer internet, c'est une loi liberticide&lt;/i&gt; &#187; et Alexandre (SEM label) d'aller plus loin en &#233;voquant la tr&#232;s controvers&#233;e &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/LOPSI' class='spip_out' rel='external'&gt;LOPPSI&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt;qui semble &#234;tre la finalisation et le verrouillage parfait d'un syst&#232;me de contr&#244;le aux allures totalitaristes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si la plupart ne se sentent que peu concern&#233;s dans leur activit&#233; musicale, c'est certainement parce que HADOPI n'est pas faite pour eux, qu'elle n'est pas adapt&#233;e aux ind&#233;pendants. Pour Philippe Petit (Bip_Hop), &#171; &lt;i&gt;elle semble une fois de plus aller dans le sens des grosses compagnies&lt;/i&gt; &#187;, tout comme pour Geoffroy (Brocoli) qui constate qu'&#171; &lt;i&gt;il y a une pression exerc&#233;e par les gros labels via du lobbying pour r&#233;tablir &#8220;la peur du gendarme&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. &#192; ce titre la d&#233;monstration de St&#233;phane (Ici d'Ailleurs) est limpide : &#171; &lt;i&gt;Voil&#224; plus de 15 ans que les disquaires, dealers officiels de la diff&#233;rence musicale et culturelle par rapport aux supermarch&#233;s de la culture, meurent les uns apr&#232;s les autres sans aucune aide ni int&#233;r&#234;t d&#233;clar&#233; de la part de la classe politique. L&#224; ils se r&#233;veillent parce qu'un &#8220;nouveau&#8221; mod&#232;le &#233;conomique est en danger, parce qu'il &#233;chappe &#224; un contr&#244;le global. Le but est d'amener progressivement internet &#224; devenir la vitrine des commer&#231;ants et un syst&#232;me de communication sous contr&#244;le, finalement ce qu'est d&#233;j&#224; la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains trouveront peut-&#234;tre que le raisonnement va un peu loin, mais ils sont tout de m&#234;me deux &#224; parler de contr&#244;le des comportements. Alexandre (SEM label) &#171; &lt;i&gt;ne pense pas que ce soit le piratage la v&#233;ritable pr&#233;occupation des gouvernements aujourd'hui mais plut&#244;t le contr&#244;le des comportements marginaux et non conforme &#224; l'id&#233;al ultra lib&#233;ral que l'on nous sert &#224; la grand messe du 20h&lt;/i&gt; &#187;. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, St&#233;phane (Ici d'Ailleurs) pense que &#171; &lt;i&gt;la culture reste &#224; leur niveau une source d'empoisonnement.&lt;/i&gt; &#187;. Et il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Il me parait clair que plus un individu se cultive dans quelque mati&#232;re que se soit, musicale, litt&#233;raire etc, plus il se forme progressivement &#224; la critique, &#224; la r&#233;flexion et l'auto-d&#233;termination. C'est &#233;videmment contraire aux souhaits des politiques et des grands groupes industriels qui ne souhaitent voir que des consommateurs dociles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si cet effrayant univers totalitariste peut nous paraitre encore loin, il est difficile de ne pas penser au visionnaire &lt;i&gt;Fahrenheit 451&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Ray Bradbury&lt;/strong&gt; dont on a l'impression de se rapprocher ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rapport des ind&#233;pendants au t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils le disent tous, le t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal est aujourd'hui un fait, une nouvelle donne &#224; prendre en compte dans la production, la promotion et la diffusion d'un album. Allant un peu plus loin, certains vont m&#234;me jusqu'&#224; dire &#234;tre pour le t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal y voyant &#171; &lt;i&gt;un moyen de promotion et de diffusion&lt;/i&gt; &#187;, mais aussi &#171; &lt;i&gt;un acc&#232;s libre et facile &#224; la culture pour toutes couches sociales&lt;/i&gt; &#187;. Il est donc logique que les labels se soient adapt&#233;s et aient adapt&#233;s leur raisonnement &#224; ce nouvel &#233;l&#233;ment en essayant de l'utiliser &#224; leur compte, notamment pour la promotion de leurs productions, m&#234;me si l'on est encore au stade de l'exp&#233;rimentation. Geoffroy (Brocoli) nous dit : &#171; &lt;i&gt;Plus de personnes prendront la peine de t&#233;l&#233;charger ill&#233;galement notre catalogue, plus on a de chances qu'il y en ait certains qui cherchent &#224; soutenir le label&lt;/i&gt; &#187; mais comme nous l'explique Yan (EgoTwister), pour que le t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal profite &#224; la vente d'album &#171; &lt;i&gt;il faudrait que le t&#233;l&#233;chargement et la diffusion &quot;ill&#233;gale&quot; soit parall&#232;lement tout aussi massif, or il me semble que c'est aussi diffus que la distribution de nos sorties&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;Un sentiment que partage Alexandre (SEM label) qui nous explique qu'en th&#233;orie, suivant cette m&#234;me &#233;quation, ce sont les majors qui devraient &#234;tre le plus touch&#233;e, mais &#171; &lt;i&gt;avec leur outils de marketing massif, elles savent communiquer par le gratuit sans v&#233;ritables pertes car elles r&#233;cup&#232;rent sur d'autres march&#233;s ou du merchandising pur et dur&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des cons&#233;quences de ces comportements, est la tendance &#224; donner &#224; la musique une valeur nulle. Yan nous expliquait que les ventes n'&#233;taient pas suffisantes pour financer les sorties et Geoffroy (Brocoli) nous explique que si l'effet promo peut jouer &#224; court terme, &#171; &lt;i&gt;&#224; plus long terme avec l'augmentation du nombre de productions, combin&#233;e &#224; la chute des ventes de CDs, on arrive &#224; une valeur unitaire quasi nulle de la musique enregistr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. On en est arriv&#233; &#224; un stade o&#249; l'on n'ach&#232;te plus un disque pour &#233;couter de la musique chez soi (on l'a d&#233;j&#224; t&#233;l&#233;charg&#233;e), mais comme un v&#233;ritable acte de soutien aux labels et artistes. Acheter un disque est devenu un acte militant, en particulier quand trouver un disquaire rel&#232;ve du parcours du combattant, un v&#233;ritable signe de soutien aux label. &#171; Soutenir &#187;, un mot qui revient d'ailleurs plusieurs fois dans les propos de Geoffroy et Yan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le MP3 &#233;tant consid&#233;r&#233; comme un vulgaire support de promotion qui, m&#234;me vendu sur des plateformes sp&#233;cialis&#233;es, ne comblera pas les pertes engendr&#233;es par la baisse des ventes de disques, les labels apportent un soin tout particulier &#224; la r&#233;alisation de l'objet physique, certains privil&#233;giant m&#234;me le support vinyle. Aymeric (Kythibong) : &#171; &lt;i&gt;Dans le label nous sommes effectivement tr&#232;s attach&#233;s &#224; l'objet, un artwork, au del&#224; de la musique, c'est tout un univers autour d'un groupe que l'on retrouve&lt;/i&gt; &#187; et chez Brocoli on nous promet : &#171; &lt;i&gt;Nous continuerons de faire les plus beaux objets possibles tant qu'on sera encore motiv&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distribution num&#233;rique chez les ind&#233;pendants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur ce point, on a vraiment deux approches diff&#233;rentes. On l'a vu, l'objet est important et fait l'objet d'un soin particulier, mais en fonction de la personnalit&#233; des labels managers le traitement du MP3 va varier d'une structure &#224; l'autre. La mise &#224; disposition de musique sur les plateformes courantes demande un travail suppl&#233;mentaire que ne sont pas forc&#233;ment pr&#232;s &#224; faire les plus petits, surtout quand on sait que &#171; &lt;i&gt;les ventes num&#233;riques sont bien plus qu'anecdotiques&lt;/i&gt; &#187; (Yan - EgoTwister), mais c'est aussi &#171; &lt;i&gt;un choix &#233;thique qui nous tient &#224; c&#339;ur&lt;/i&gt; &#187; nous dit Aymeric (Kythibong). Les deux labels ont vraiment d&#233;di&#233; le format num&#233;rique &#224; la promotion, voire en bonus lors de l'achat d'un disque, et d&#233;cid&#233; de tout miser sur l'objet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autres labels consult&#233;s vendent leur musique en format num&#233;rique en guise de compl&#233;ment, mais pour chacun d'eux ces ventes ne repr&#233;sentent pas 10% de la vente de CD. Dans ce contexte, la d&#233;marche de Philippe Petit (Bip_Hop) nous apparaitra comme un bon compromis : &#171; &lt;i&gt;oui je vends des MP3s depuis de nombreuses ann&#233;es et normalement mes disques sont disponibles en num&#233;rique partout, mais je n'active cette option que quelques mois apr&#232;s la sortie physique puisque je souhaite privil&#233;gier l'objet&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Internet comme canal de communication et promotion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En dehors du t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; plus haut comme potentiel moyen de promotion, tous les labels utilisent largement les nouveaux m&#233;dia sociaux afin de promouvoir leur travail. Un site web &#224; jour, une page MySpace m&#234;me si celle-ci est de plus en plus consid&#233;r&#233;e comme un &quot;d&#233;potoire &#224; flyer&quot; sont un minimum, puis on peut ajouter Facebook, Last.FM et Discogs en bonus. Ego Twister semble se distinguer un peu en utilisant des sites de t&#233;l&#233;chargement gratuit qui permettent de diffuser du mat&#233;riel promo avec un lien vers le label pour les auditeurs int&#233;ress&#233;s par l'achat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il les utilise, Alexandre (SEM label) consid&#232;re que ce sont &#171; &lt;i&gt;des outils &#224; double tranchant, utile et en m&#234;me temps assez ridicules en terme de ratio nombre d'acc&#232;s / ventes&lt;/i&gt; &#187;. Pour lui internet est &#171; &lt;i&gt;parfait pour informer de fa&#231;on directe et rapide, avec un petit r&#233;seau l'information circule bien, mais il faut que ce soit tr&#232;s cibl&#233; car notre musique l'est par la force des choses&lt;/i&gt; &#187; mais Geoffroy constate qu'avec ou sans internet, le probl&#232;me est le m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;il faut un super plan m&#233;dia pour qu'un disque sorti ait un tant soit peu de visibilit&#233;. Tout est noy&#233; dans la masse. Une chronique Inrocks isol&#233;e, par exemple, ne fait pas vendre trois exemplaires. Seuls plusieurs chroniques sur plusieurs m&#233;dias (papiers, internet, radio), dans un espace temporel relativement court peuvent avoir un effet sur la vente de supports enregistr&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On en vient donc logiquement aux moyens n&#233;cessaires &#224; la mise en place d'un tel plan de comm', et puisque l'on parle marketing, St&#233;phane &#233;vite de juste la comparaison avec des barils de lessive : &#171; &lt;i&gt;Plus vous avez les moyens financier pour communiquer plus vous &#234;tes visible. La majorit&#233; des gens suivent et consomment ce qu'on leur dit de consommer : le haut de l'iceberg. Donc vous &#234;tes bien pr&#233;sent mais autant visible qu'un petit torr&#233;facteur ind&#233;pendant dans les rayons d'un supermarch&#233; aux c&#244;t&#233;s des lin&#233;aires de Lavazza, Carte Noire et consorts&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;cessit&#233; d'un nouveau mod&#232;le &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On voit bien l'ensemble de probl&#232;mes et contraintes auxquels sont confront&#233;s les ind&#233;pendants, mais puisque HADOPI ne satisfait personne, on s'est demand&#233; si parmi eux, quelqu'un avait l'Id&#233;e, celle d'un mod&#232;le qui permettrait &#224; chacun, internautes, passionn&#233;s de musiques, artistes et labels, de s'y retrouver. Bien s&#251;r la recette miracle n'existe pas, mais certains ne s'en pr&#233;occupent pas plus que &#231;a puisqu'ils continueront &#224; produire de la musique &#224; leur mani&#232;re, avec leurs petits moyens, &#171; &lt;i&gt;avec passion et sans ambition d'envahir le monde&lt;/i&gt; &#187;. Yan nous fait remarquer que la musique qui sort sur Ego Twister est d&#233;j&#224; compos&#233;e avec des moyens r&#233;duits, un sampler et un ordinateurs peuvent suffire l&#224; o&#249; la musique classique et le jazz ont des couts de production bien plus importants. En pratique, si l'on &#233;tudie un peu &lt;a href='http://www.disqueenfrance.com/fr/catalogpage.xml?pg=1&amp;id=279200&amp;from=1&amp;to=10' class='spip_out' rel='external'&gt;les chiffres r&#233;cents&lt;/a&gt;, on se rend compte que ce sont des genres musicaux bien moins impact&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alexandre (SEM label) est &#233;galement de l'avis de poursuivre &#171; &lt;i&gt;un artisanat modeste ind&#233;pendant et qualitatif&lt;/i&gt; &#187;, en insistant sur le fait que la musique est vivante et qu'elle doit &#234;tre jou&#233;e en concert. Il utilise &#224; ce propos exactement les m&#234;mes termes que Philippe Petit : &#171; &lt;i&gt;partager et rencontrer&lt;/i&gt; &#187; lorsqu'il dit : &#171; &lt;i&gt;jouer en live est le moment privil&#233;gi&#233; pour rencontrer et partager avec un public, c'est je pense 50% de la survie de la musique ind&#233;pendante&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et plut&#244;t qu'un nouveau mod&#232;le &#224; cr&#233;er, plusieurs labels insistent sur le fait qu'il faille avant tout &#171; &lt;i&gt;informer le public de fa&#231;on intelligible&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;redonner envie aux public de se tourner un peu plus vers la qualit&#233;&lt;/i&gt; &#187; plut&#244;t que de t&#233;l&#233;charger des giga-octets de musiques qui ne seront m&#234;me pas &#233;cout&#233;es. Informer pour r&#233;tablir la v&#233;rit&#233; sur le v&#233;ritable cout de la musique dont on fait croire, par la presse, par la communication publicitaire des fournisseurs d'acc&#232;s, par des syst&#232;mes tels que Deezer, que la musique est d'une part gratuite, mais accessible en un clic. St&#233;phane (Ici d'Ailleurs) : &#171; &lt;i&gt;Bien entendu cela ne peut se faire maintenant que par un minimum de p&#233;dagogie qui je pense rel&#232;ve du domaine de l'utopie dans notre soci&#233;t&#233; contemporaine. Le d&#233;sir est tu&#233; par l'imm&#233;diatet&#233; du t&#233;l&#233;chargement (gratuit ou non), chaque chose d&#233;sir&#233;e arrive si vite que le plaisir en est forcement amoindri, on rentre dans l'&#232;re du stockage, on empile&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On laissera le mot de la fin &#224; Geoffroy de Brocoli : &lt;br /&gt;&#171; &lt;i&gt;La seule id&#233;e est de combattre et d'unir nos forces : si vous, les m&#233;dias sp&#233;cialis&#233;s, peuvent expliquer le mod&#232;le &#233;conomique de la musique enregistr&#233;e pour les petits labels, notre public prendra peut-&#234;tre conscience de l'int&#233;r&#234;t de soutenir ces productions, et par exemple, d'acheter en direct sur le site des petits labels (l&#224; o&#249; la marge est maximale) ou chez les disquaires ind&#233;pendants et VPC qu'on aime (Metamkine, etc.). Bref, acheter de la musique enregistr&#233;e (en physique ou en num&#233;rique) pour encourager la production. Casser le mythe que la vente de disques rapporte de l'argent aux artistes et producteurs. Je ne connais aucun musicien ou label manager qui puisse se payer des vacances gr&#226;ce aux ventes de disques, c'est d&#233;j&#224; rare qu'elles couvrent les frais de prod...
&lt;br /&gt;Notre message serait : soyez curieux, piratez si vous voulez pour d&#233;couvrir un maximum de bonnes choses, mais n'oubliez pas d'acheter les disques que vous trouvez biens et que vous &#233;coutez. Ca ne peut &#234;tre que b&#233;n&#233;fique, car &#231;a limitera &#224; terme la surproduction et donc augmentera la valeur unitaire de l'enregistrement, et &#231;a fait survivre les producteurs et musiciens de la musique que vous voulez d&#233;fendre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Manitoba</title>
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		<dc:date>2003-10-20T00:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Genicot</dc:creator>


		<dc:subject>Manitoba</dc:subject>

		<description>Un malencontreux probl&#232;me technique ind&#233;tectable a ruin&#233; l'interview que nous avions r&#233;alis&#233;e de Dan Snaith &#224; l'issue de sa prestation au Palais du Grand Large lors de l'&#233;dition 2003 de la Route du Rock. C'est d&#232;s lors sous la forme abr&#233;g&#233;e d'un article que nous agr&#233;menterons de quelques commentaires que nous vous pr&#233;sentons celui qui se cache derri&#232;re les excellents Start Breaking my Heart (Leaf, 2001) et Up in Flames (Leaf/Domino, 2003). Dan Snaith est n&#233; en 1978 &#224; Toronto et vit d&#233;sormais &#224; Londres, de (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un malencontreux probl&#232;me technique ind&#233;tectable a ruin&#233; l'interview que nous avions r&#233;alis&#233;e de &lt;strong&gt;Dan Snaith&lt;/strong&gt; &#224; l'issue de sa prestation au Palais du Grand Large lors de l'&#233;dition 2003 de la Route du Rock. C'est d&#232;s lors sous la forme abr&#233;g&#233;e d'un article que nous agr&#233;menterons de quelques commentaires que nous vous pr&#233;sentons celui qui se cache derri&#232;re les excellents &lt;i&gt;Start Breaking my Heart&lt;/i&gt; (&lt;strong&gt;Leaf&lt;/strong&gt;, 2001) et &lt;i&gt;Up in Flames&lt;/i&gt; (&lt;strong&gt;Leaf&lt;/strong&gt;/&lt;strong&gt;Domino&lt;/strong&gt;, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dan Snaith est n&#233; en 1978 &#224; Toronto et vit d&#233;sormais &#224; Londres, de m&#234;me que les deux amis de longue date qui l'accompagnent sur sc&#232;ne, o&#249; il &#233;tudie les math&#233;matiques. Cet atavisme familial (ses parents sont tous deux math&#233;maticiens et appr&#233;cient beaucoup son travail, avouera-t-il non sans une certaine fiert&#233;) ne l'emp&#234;che pas d'insuffler une large part de libert&#233; et de souplesse dans sa musique, qui est loin d'&#234;tre froide et cart&#233;sienne.
&lt;br /&gt;A l'&#233;poque de &lt;i&gt;Start breaking my heart&lt;/i&gt;, Dan &#233;coutait beaucoup d'electronica. Il venait de tomber dans le grand bain de &lt;strong&gt;Warp&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Morr&lt;/strong&gt; et tout le bataclan. Cela se ressent nettement dans ce premier disque qui fait la part belle aux douces m&#233;lodies et &#224; la rythmique caract&#233;ristique du genre. La premi&#232;re impression qu'il nous avait laiss&#233;e lors de son concert &#224; l'H&#244;tel de Sully lors de la f&#234;te de la musique 2001 (dont il nous dira qu'il s'agissait de son tout premier concert et qu'il &#233;tait p&#233;tri de trac) &#233;tait &#233;galement celle d'une electronica de facture classique, joliment inspir&#233;e et ex&#233;cut&#233;e mais manquant peut-&#234;tre un brin d'originalit&#233;.
&lt;br /&gt;Ensuite est arriv&#233; &lt;i&gt;Up in Flames&lt;/i&gt; qui nous a d'embl&#233;e paru imprimer un changement notable de direction musicale. Le ph&#233;nom&#232;ne est suffisamment rare &#224; la sortie d'un deuxi&#232;me album pour ne pas &#234;tre soulign&#233;, et il &#233;tait donc int&#233;ressant d'entendre les commentaires de Dan &#224; ce propos. Il nous dira qu'il en a rapidement eu marre du style &quot;le-type-tout-seul-derri&#232;re-son-laptop&quot; dont il pensait qu'il tournait en rond et n'innovait plus. C'est pourquoi il a, pourrait-on dire, pris le taureau par les cornes en faisant tout sauf reproduire les sonorit&#233;s de son premier opus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dan a toujours &#233;t&#233; un grand collectionneur de disques, comme nombre de ses coll&#232;gues. Il a r&#233;cemment red&#233;couvert les plaisirs du noisy-shoegazing (&lt;strong&gt;My Bloody Valentine&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Spacemen 3&lt;/strong&gt;) ainsi que d'anciens morceaux psych&#233; o&#249; il a tout de suite senti qu'il y avait beaucoup plus d'id&#233;es &#224; exploiter. &lt;i&gt;On trouve plus d'inspiration dans les choses plus anciennes&lt;/i&gt;, nous affirme-t-il clairement. Ajoutons &#224; cela une sensibilit&#233; pop &#233;minente, notamment dirig&#233;e vers la pop californienne, ainsi que de flagrantes r&#233;miniscences tant &#233;lectroniques que jazz, et on obtient une savante mixture tr&#232;s personnelle qui fait toute la saveur de &lt;i&gt;Up in Flames&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;Dan approche le travail de composition en solitaire et se demande ensuite comment il va pouvoir valoriser ses id&#233;es. Cette volont&#233; l'a conduit &#224; exp&#233;rimenter la formule, nouvelle pour lui, du live complet o&#249; il s'amuse comme un petit fou et se dit port&#233; et galvanis&#233; par les r&#233;actions du public. Il garde les pieds sur terre, malgr&#233; un succ&#232;s critique et public grandissant et quasi-unanime, dont il lui arrive de se demander comment il va parvenir &#224; le g&#233;rer. Il ne se met cependant aucune forme de pression, prenant les choses comme elles viennent en en profitant au maximum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dan semble avoir trouv&#233; un nouveau souffle dans l'effervescence londonienne o&#249; il est en contact &#233;troit avec la grande famille du label &lt;strong&gt;Leaf&lt;/strong&gt;. Il reste toutefois tr&#232;s attach&#233; au Canada, o&#249; la sc&#232;ne musicale lui para&#238;t se profiler de mani&#232;re quelque peu diff&#233;rente qu'en Europe (moins d'attrait pour l'electronica et les multiples exp&#233;rimentations trans-genres que l'on constate actuellement), bien qu'&#233;tant tout aussi passionnante en raison du nombre impressionnant de projets artistiques qui fleurissent.
&lt;br /&gt;Au gr&#233; de ses fouilles discographiques acharn&#233;es, il explique qu'il a red&#233;couvert la force vitale des guitares et des rythmes, qu'il exploite abondamment en concert. Il s'y laisse en effet aller, en osmose avec ses comparses, &#224; d'impressionnantes progressions et envol&#233;es qui tranchent avec l'aspect plus sage et contenu de l'album. Rien d'anormal, nous dit-il, car ce n'est pas la m&#234;me d&#233;marche : sur le disque, les rythmes sont sampl&#233;s, l'attention est port&#233;e sur la pr&#233;cision des sons et des textures ; en concert, le recours &#224; la batterie et aux percussions lui semble beaucoup plus pertinent. Il est vrai qu'un trait marquant des sets de Manitoba est la vigueur entra&#238;nante des rythmiques, combin&#233;e aux volutes psych&#233;-pop des guitares et des machines. Ce que les morceaux perdent en millim&#233;trage ouat&#233;, ils le gagnent en force et en intensit&#233;.
&lt;br /&gt;Dan Snaith est un grand copain du sympathique &lt;strong&gt;Kieran Hebden&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;Four Tet&lt;/strong&gt;), que nous avons rencontr&#233; le lendemain. C'est lui qui lui a mis le pied &#224; l'&#233;trier et il vient de l'accompagner dans une grande tourn&#233;e aux Etats-Unis et en Europe. Ce n'est donc pas un hasard si, outre leur pr&#233;sence sur la m&#234;me affiche &#224; Saint-Malo, on peut d&#233;celer des orientations communes dans leurs travaux respectifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En guise de conclusion, Dan nous expliquera, l'&#339;il &#224; la fois sage et p&#233;tillant, qu'il aime varier les plaisirs et introduire divers &#233;l&#233;ments et influences dans ses compositions, en veillant &#224; ne pas s'en tenir &#224; un sch&#233;ma pr&#233;cis et &#224; ne jamais verser dans le syst&#233;matisme. Cette volont&#233; farouche permet de comprendre pourquoi il s'est d&#233;sormais distanci&#233; des canevas electronica traditionnels. Il rend enfin hommage, par sa musique, &#224; de nombreux groupes et styles en int&#233;grant dans son projet personnel toutes ces influences auxquelles il est en permanence confront&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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