(Planet Mu / La Baleine)
29/09/2004
Electronique

Une année riche en sorties pour le label de Mike Paradinas qui nous propose toujours de nouveaux artistes. C’est le cas de Julian Fane, un gamin de 21 ans qui fait preuve d’un talent certain, alternant entre références un peu faciles et tentatives de mélanges de styles plutôt habiles.
On est d’emblée étonné par le son de cet artiste qui se retrouve un peu à part sur la galaxie Planet Mu : nappes amples rappelant des choeurs, petits tintements fragiles, avec au fond des roulements de tambour un peu étouffés. Un mélange anormalement doux pour ce label qui, sur ce premier morceau nous fait penser à un instrumental de Múm. Sur Safety Man, les cordes sont de sortie, puis un grandiose accompagnement de choeurs, de nouveaux roulements de tambours saturés et écrasés, mais surtout une voix de fausset nous rappelant cette fois Sigur Ros, et que l’on retrouvera régulièrement tout au long de l’album.
En dehors donc de quelques références un peu appuyées, de certaines facilités comme l’arpège de piano de Freezing in Haunted Water ou la longueur de Exit New Year qui clôture l’album, ou d’un aspect parfois grandiloquent comme les cordes synthétiques de The Birthday Boys, on reconnaîtra un talent indéniable chez ce jeune homme pour construire des pièces riches, complexes et touchantes. Malgré la facilité de son intro, Freezing in Haunted Water en est un excellent exemple quand il décolle, que les nappes de claviers de superposent à la voix et que la rythmique s’emporte.
La richesse de cet album est aussi sa principale qualité. Après la douce introduction aux consonances islandaises évoquées ci-dessus, on trouve un travail plus complexe sur les rythmiques avec l’electronica soyeuse de Sea Island, ou le féerique Stasis qui nous projette dans une ambiance de fête foraine avec un son rappelant un orgue de barbarie. Le son semble subir également un traitement plus actuel si on prête attention aux brèves notes syncopées de Darknet, un morceau plus enlevé sur lequel des chocs métalliques servent de rythmique. Les amateurs d’ambient quant à eux resteront scotchés sur les bruitages concrets qui viennent s’écraser sur les nappes douces et à peine saturées qui hantent Book Repository.
Au final on est assez partagé sur cet album. Très réussi, très beau, séduisant, riche et intéressant, il est certes plein de qualité, mais on a déjà envie d’écouter le deuxième album en espérant quelque chose d’un peu plus personnel. Le talent est là, mais il n’est pas forcément très bien employé.
le 06/10/2004