Reuter / Boddy

Pure

(DiN / Import)

 date de sortie

08/11/2004

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

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4 MP3 (extraits)

 tags

DiN / Electronica / Ian Boddy / Markus Reuter

 liens

Ian Boddy
Markus Reuter
DiN

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On connaissait Din, le label allemand qui avait notamment lancé la carrière d’Arovane. Il se trouve qu’il existe un autre label DiN, basé en Angleterre et fondé par Ian Boddy que l’on retrouve donc sur ce disque. Le label n’est pas tout jeune puisqu’il s’agit là de la 17ème référence, et Ian Boddy lui même ne fait pas partie de ces jeunes laptopeurs fous. Il se présente lui-même comme enfant de la génération Tangerine Dream, et cela s’entend parfois. Sur DiN, il sort des disques d’artistes inconnus, et semble faire tout doucement, sans bruit, son petit chemin, collaborant aussi bien avec Chris Carter (ex-Thribbing Gristle) qu’avec de jeunes instrumentistes talentueux et reconnus comme ici Markus Reuter, un Allemand spécialiste de la guitare à 8 cordes.

Et que sort ce fameux label ? Il se revendiquent eux mêmes comme "purvoyors of fine contemporary electronica". Ce fut en effet une surprise de découvrir la musique produite sur cet album, puisqu’elle n’a pas grand chose à voir avec ce que les bios des artistes laissait entrevoir. Alors que l’on pouvait s’attendre à une redite de rock progressif tendance new-age, les deux hommes nous offrent un magnifique album d’electronica mélodique, flirtant bien souvent avec l’ambient, et d’une finesse bien souvent impressionnante.
Le disque s’ouvre sur Presence, délicats entrelacs de bleeps cristallins et de lumineuses notes de guitare, le tout s’emmêlant dans de troublants remous. Acoustique et électronique donnent l’impression de se livrer à un véritable dialogue (sauf peut-être sur The Source, un peu moins convainquant), tous les éléments servent la même cause, de façon parfois étonnante. Ainsi sur History, la douceur des mélodies se voit régulièrement dérangée par une basse brève, presque déchirante, inattendue mais qui ne fait que renforcer la beauté de l’ensemble. Un principe parfaitement réutilisé sur Clearing, d’une fragilité déconcertante.

Alors que l’on s’attendait initialement à ce que les deux hommes retombent dans quelques travers du rock progressif, à l’écoute des premiers morceaux, on se dit que l’on s’est complètement planté. Et pourtant, une drôle de surprise nous attendait sur Immersion, en plein milieu du disque, puisqu’alors que nous sommes en pleine rêverie électronique, une guitare électrique nous semble venue des années 70, avec un son très franc mais aussi très électronique. Inattendue, mais créant justement une agréable surprise, un mélange inédit.
Les amateurs d’ambient et d’electronica mélodique seront servis, avec un disque qui s’écoutera de préférence à l’horizontal, avec de pures pièces ambient (Breathe et sa superposition de nappes lumineuses, cristallines), mais aussi quelques morceaux rythmés, jamais démonstratif, mais aux constructions un peu plus classiques (The Level, Fragments).

Une grosse et belle surprise donc, fortement recommandé à ceux qui apprécient la finesse des guitares de Melodium, et l’electronica-ambient du label U-Cover.

Fabrice ALLARD
le 08/02/2005

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