(DiN / Import)
28/02/2005
Electronique

Ambient / Bernhard Wöstheinrich / DiN / Expérimental / Ian Boddy
Après la découverte du label DiN avec l’excellente collaboration entre Ian Boddy et Markus Reuter, on continue sur cette voie avec une nouvelle fois Ian Boddy (boss du label) qui travaille ici avec Bernhard Wöstheinrich. Une manière de fermer la boucle puisque Wöstheinrich et Reuter forment le groupe Centrozoon également disponible en partie chez DiN.
Moiré est le fruit d’une session d’improvisation enregistrée par les deux hommes en avril 2002 et qui a été éditée à plusieurs reprises par Reuter, Wöstheinrich et Boddy.
On n’est pas vraiment surpris par les deux premiers morceaux, efficaces, immédiats, avec ces sonorités rondes de synthés analogiques pilotés par Ian Boddy. Les arpèges se superposent, les notes dégringolent en mélodies éclatantes mises en rythme de façon assez sèche par Wöstheinrich. Un petit parfum 70s, musique planante et production moderne, savant jeu de filtres pour colorer les notes, bref, tous les ingrédients sont là pour combler les amateurs de rock progressif allemand façon Tangerine Dream. On aime, mais cela nous aurait paru un peu facile sur la longueur. Et contre toute attente, changement complet de registre avec Diffractions, une pièce ambient, superposition de nappes glacées, sombres, atmosphère inquiétante où un souffle fait rouler des objets sur le sol, ponctuant ce titre de bruitages organiques.
Moiré nous apparaît alors plus complexe qu’il n’y paraît, alternant jeu d’arpèges déstructurées et ambient expérimentale. Mixage original avec nappe ambient en avant et basses ronronnantes inquiétantes sur Diaphragm, abstraction, bruitages organiques, bleeps et cliquetis aquatiques pour Fractalise, nappes ambient acoustiques (résonance de cloches) sur Cloister, sont quelques éléments que l’on retrouve sur les pièces ambient.
D’un autre côté, des field recordings semblent être retravaillés, ambiance de rue, un son étouffé qui s’éclaircit enfin avec l’arrivée d’arpèges originales qui contribuent aussi à la cohérence de Scorpio, intro efficace bientôt déconstruite par un savant jeu de filtres sur Moiré, une combinaison rythmique-basse plutôt sautillante pour Method Count avant de clôturer l’album de fort belle manière en mêlant rythmique drum’n bass et synthé analogique sur un Smash & Grab mené à toute vitesse avec cassures, changements brusques de tempo et de sonorités.
Encore une bonne surprise de la part de ce label qui parvient plutôt habilement à faire du neuf avec du vieux, qui évite la facilité et se remet en question.
le 29/05/2005