23/01/2001
Métafort,
Aubervilliers
Man devrait en fait s’appeler Men : les deux membres du groupes se font aider par quelques musiciens supplémentaires sur scène. A la base, une basse et un piano, auxquels en fonction des morceaux peuvent s’ajouter batterie, mélodica, guitare ou xylophone.
Un premier titre démarre avec le piano, calme, voire minimaliste, auquel répond la basse petit a petit, s’incrustant dans le morceau et préparant l’arrivée de la batterie, d’abord suivant un savant dosage entre les sons et les silences avant que l’ensemble ne forme un schéma plus classique connu sous le nom de post-rock.
Man loin de la copie, Man a un son propre, ne serait-ce que par la présence du piano.
Les influences sont visibles mais digérées : le piano provoque des émotions comme seul Yann Tiersen en est capable, la batterie est parfois a rapprocher des rythmiques de Tortoise, tandis que la basse sait se faire discrète et enveloppante comme sur les premiers disques de Labradford.
Pour revenir a Tiersen, on notera un morceau on le pianiste jouait en même temps du piano et du mélodica pour une petite pièce naïves et agréable.
Mais il serait trop facile d’en rester là, et au fil du concert on remarquera un léger gout pour le jazz dans le jeu du pianiste, ou pour le post-rock expérimental lorsqu’un quatrième membre viendra torturer une guitare, pendant que le batteur fera grincer ses baguettes sur les cymbales.
Man est un groupe difficile a classer, et c’est déjà une qualité. A mi-chemin entre une musique enfantine et un post-rock mûr, le public venu en petit nombre restera discret, hésitant a applaudir entre chaque morceau alors que des encouragements sont vivement mérités !!
le 25/01/2001