dUX

Vogelstad

(Annexia Rec / Chica Chic)

 date de sortie

00/04/2006

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 écouter

7 MP3 (extraits)

 tags

Annexia Rec / dUX / Electronica

 liens

Annexia Rec

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dUX est le projet de Bertrand Fraysse, venu du sud de la France et hébergé chez Annexia, structure toulousaine connue pour ses organisations d’événements dans la ville rose, et qui devient maintenant label avec cette première sortie. Bertrand Fraysse sortait en 2004 un EP 6 titres sur le label français Kalamaar passé inaperçu. Après une apparition sur une compilation chinoise, c’est en France qu’il revient aujourd’hui, petit protégé d’Annexia qui a craqué pour ses mélodies sensuelles.

Si l’on se base sur trois titres en hommage à Brian Eno et Eric Satie, on risque de se fourvoyer. Les titres en question sont effectivement dans la droite lignée de ces deux maîtres du genre, mais dUX a depuis largement digéré ces influences. Mis a part Vertige qui ouvre l’album avec une ambient abstraite sur laquelle on pourra émettre quelques réserves puis Promenade et Jour de pluie qui sont des solo acoustiques de xylophone et piano, le reste de l’album révèle une vraie personnalité. Le reste de l’album est plus proche de l’electronica au sens large, avec pour marque de fabrique un gros travail sur le son, la création de sonorités qui servent ensuite de mélodie, de notes qui se déforment au fil d’un titre, ou par la cohabitation de tous ces sons. Par contre au niveau de la composition en elle même, pas vraiment de ligne directrice. Des rythmiques basiques (vieille boite à rythme ?) sur Asymétrie faciale, mais les choses se mettent en place lentement, étonnante montée chaotique et redescente magistrale. Expérience click’n cut sur Tu dois partir, electronica mélodique et mélancolique avec effets de scratchs sur Désert métallique, impression étrange d’écouter un morceau joué tour à tour à l’endroit puis à l’envers sur le bien nommé Paysage insolite, superbe rêverie électronique à la rythmique berçante (Hier soir j’ai vu mourir le ciel), puis changement complet de registre avec l’ambient sombre et industrielle de Stase.
Si la manière change, le ton est généralement calme, posé, parfois grave sans pour autant être lourd, mais c’est sûr que Vogelstad ne va pas vous faire sautiller sur le dancefloor. La musique de dUX est introspective. Un peu plus loin des percussions acoustiques viennent donner le tempo de façon plus sobre, tandis que quelques glissements électroniques se faufilent (Mouvements Absurdes, Pyramide).

Si l’album a été composé pendant deux années sombres de l’auteur, les trois derniers titres sont un peu plus anciens (2003-2004), mais ne dépareillent pas l’album. Très electronica avec toujours un excellent travail sur le son (Four acoustique), ambient mélodique sombre et rythmique précise (Sinkhole), et un final qui déjà laissait transparaître cette mélancolie à base de mélodies soyeuses, et un bel assemblage de nappes mélodiques (Winter Fog).

Arrivé au terme de l’album, on comprend mieux que les gens d’Annexia aient craqué. Un magnifique album, intelligent et pas prise de tête, sensuel. Pour citer de grands noms, on pourrait comparer Vogelstad à un croisement entre Plaid et Boards of Canada. L’efficacité des premiers et l’ambiance des seconds.

Fabrice ALLARD
le 16/07/2006

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