(Warp / PIAS)
22/10/2001
Electronique

Cela fait maintenant deux ans que l’on avait pas de nouvelles d’Aphex Twin depuis son célèbre et surestimé Ep Windowlicker.
La presse se déchaînant sur l’artiste on a pu lire un peu de tout, et Richard D. James est devenu un personnage monté de toute pièce. Aujourd’hui celui qui a été qualifié de "Mozart des années 90" joue du Satie...
Tout commence plutôt bien avec Jynweythek Ylow, une joli comptine pour enfant sur un piano désaccordé, grinçant qui rappelle Nannou, le dernier titre de son dernier Ep. On enchaîne avec Vordhosbn sûrement le meilleur morceau qu’il ait fait depuis longtemps : mélodie fine, rythmique folle mais pleine de contraste, excitante. Tout le spectre sonore est occupé, entre les grosses basse et les mélodies aiguës on tient là le morceau electronica parfait.
La suite est en dessous, mais sur ce premier CD l’ensemble reste agréable. Aphex Twin est fidèle à lui-même, donc sans grande surprise sur des titres comme Cock/Ver 10 ou Mt. Saint Michel Mix+St. Michaels Mount qui allient délires rythmiques et belles mélodies. On retrouve à peu près toujours la même sonorités sur ces titres, donnant ainsi une certaine cohérence au disque.
Quelques surprise agréables également avec Gwely Mernans un magnifique morceau ambient sombre avec un piano aquatique, ou Bbydhyonchord plus léger avec ses sonorités de percussions acoustiques, très agréable en guise de coupure à mi parcours.
Dernière surprise, mais pas vraiment bonne, la présence de plusieurs morceaux où Richard D. James est seul au piano. Généralement sans intérêt si ce n’est se prendre pour Satie ou Harold Budd, on notera quand même que Kesson Daslef, qui clôture ce premier disque sort très nettement du lot.
On passera rapidement sur le 2eme CD qui semble être de trop. On retrouve de nombreux morceau en solo au piano, tantôt classique, tantôt jouet pour de nouvelles mélodies de boites à musique.
Les autres ressemblent à du Aphex Twin pas très inspiré, frôlant même l’auto-parodie, aux mélodies parfois sympathiques, souvent anecdotiques.
Si l’on ne devait retenir qu’un titre, ce serait Btoum-Roumada au style un peu à part, très religieux puisque la mélodie basé sur des sons de cloches semble nous projeter dans une cathédrale.
Quel intérêt de sortir un double CD bancale si ce n’est pour solder son compte chez Warp ? Aphex Twin déçoit mais qu’importe, il a déjà atteint un certain status, c’est un artiste respecté qui aura toujours ces fans, il est libre de faire ce qu’il veut, et il semble décidé d’en profiter.
Peut-être regrettable...
le 16/11/2001