Yoshihide / Sachiko M / Rowe / Ambarchi / Avenaim

Thumb

(Grob / Import)

 date de sortie

00/01/2002

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Expérimental / Grob / Keith Rowe / Oren Ambarchi / Otomo Yoshihide / Sachiko M.

 liens

Oren Ambarchi
Otomo Yoshihide
Grob

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Au mois de mai 2001, Otomo Yoshihide et Sachiko M font une tournée française en passant notamment au festival Musique Action à Nancy, et jouent quatre soirs de suite aux Instants Chavirés, l’occasion pour le public parisien de mesurer toute l’étendue de la palette des deux musiciens, du minimalisme électronique de Filament aux expérimentations au tourne-disque et à la guitare. Ce fut également l’occasion de rencontres avec des musiciens européens comme Xavier Charles, Annette Krebbs, Andrea Neuman ou Keith Rowe. C’est leur rencontre avec le guitariste d’AMM et les deux expérimentateurs australiens Robbie Avenaim et Oren Ambarchi qui est aujourd’hui documentée sur disque par l’intransigeant label allemand Grob.

C’est le son aigu du "sampler sans samples" de Sachiko M qui se fait d’abord entendre, avant que les bruits du petit moteur électrique que Keith Rowe approche des micros de sa guitare ne surgissent. On croit entendre quelques sons sourds issus de la batterie de Robbie Avenaim, un craquement répété provient sûrement de la platine de Otomo Yoshihide (on retrouve souvent ce genre de bruits d’ambiance sur ses disques, comme en témoigne la bande-son pour le film de Philippe Garrel, Les Hautes Solitude, enregistré dans un cinéma tokyoïte, où le projecteur est un musicien à part entière, jusque sur la pochette du disque), mais en général il est difficile de reconnaître l’apport de chacun. Il s’agit d’une exploration des textures, qui joue sur de micro-variations, sur des grésillements, des infra-basses. En cela, l’enregistrement ne rend pas toute l’ambiance du concert, où le spectateur avait toujours la possibilité d’observer les musiciens pour démêler l’écheveau de sons. Maintenant, l’auditeur ne peut compter que sur ses oreilles, et la tâche est ardue. Elle peut même rebuter : si la musique industrielle de Throbbing Gristle choquait son audience il y a une trentaine d’années en lui faisant entendre le bruit quotidien des machines, aujourd’hui ces cinq musiciens nous renvoient les ronflements des ordinateurs et les sifflements des appareils électroniques qui nous environnent.

Enfin, au fil des disques de Keith Rowe, on s’est pris d’une affection particulière pour son style de peinture. La pochette de celui-ci est à nouveau dessinée par lui, et c’est une raison de plus d’apprécier cet objet.
_

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 10/02/2003

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