(Planet Mu / La Baleine)
21/04/2003
Electronique

Premier album de Lexaunculpt, The Blurring of Trees sort sur Planet Mu, le label fondé par Mike Paradinas et s’inscrit parfaitement dans la lignée des productions de µ-Ziq et de la musique qu’il promeut via son label : clarté des sonorités et concassage des rythmiques.
Croisé çà et là, depuis 1997, sur diverses compilations ou sur un single sorti sur Isophlux, Alex Graham avait montré une capacité certaine à réaliser une certaine electronica torturée post-Autechre où les rythmiques priment sur les mélodies sans pour autant que ces dernières ne soient complètement délaissées. Son album prouve à nouveau qu’il maîtrise pleinement l’ensemble de ces outils. Ainsi, dans Ninety-Seven Cars And Free Love et Drowning Cricket Quartet, deux des sommets du disque, il développe tout d’abord une rythmique faite de cut-ups et de sonorités métalliques avant de laisser progressivement la place à de soyeuses plages de synthé. A l’inverse, l’attachant titre final, Emori Dixon Renamed, commence par un tapis sonore qu’il sature petit à petit et où il pose des samples de voix passées au vocoder.
Se laissant parfois un peu aller à la facilité en offrant un titre entier (Le Elancholia) à de cajoleuses nappes de clavier et de larmoyants samples de cordes, Alex Graham donne également quelques signes de faiblesse lorsque le tempo se ralentit, étant obligé de faire évoluer ses rythmiques sur un faux rythme bancal et bâtard (Strangelove Offline). Toutefois, Lexaunculpt démontre, par ailleurs, qu’il sait très bien élaborer un morceau long de huit minutes à la fois cohérent et intéressant de part en part. Has Been Trying Not to Wonder semble être, en effet, constitué de trois morceaux reliés les uns aux autres par un synthé d’arrière-plan qui demeure présent tout du long ; pendant ce temps là, les rythmiques vont et viennent au premier plan, tantôt cliniques et dures, tantôt plus classiques et presque douces.
le 16/05/2003