Dieb13 / Pure / Martin Siewert

Just in Case You Are Bored, So Are We

(dOc Recordings / Chronowax)

 date de sortie

00/02/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Dieb13 / dOc Recordings / Electronica / Martin Siewert / Pure

 liens

Pure
Dieb13
Martin Siewert
dOc Recordings

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Cet album est en fait un live. Ou plutôt deux lives qui sont répartis sur les deux plages de ce disque. Deux concerts sous forme de collaboration entre Dieb13, Pure et Martin Siewert. On avait pu découvrir les deux premiers lors du festival Batofar cherche Vienne respectivement aux platines et au laptop, Pure ayant sorti récemment un très bel album en solo chez Mego. Martin Siewert quand à lui a déjà collaboré avec Dieb13, notamment au sein de Efzeg, et c’est à la guitare qu’il se présente ici avec laquelle il apporte une part de mélodie.

Le premier concert a été enregistré à la Jazzgalerie de Nickelsdorf (Autriche) en janvier 2001, un lieu dont la programmation va du Chicago Underground à Radian en passant par Peter Brötzmann.
Ce premier titre est une lente évolution pendant près de 40 minutes. Doucement au début avec un ronronnement de machine à peine perceptible, rapidement rejoint par d’autres sonorités abstraites. Souffle, légers sifflements, nappes inquiétante, puis quelques vrombissements grésillants, de légers crissements et finalement une sorte de mélodie fantomatique. Petit à petit le son devient de plus en plus dense avec l’adjonction de crépitements, et une montée en puissance avec les crissements de plus en plus présents. La guitare de Siewert fait alors son apparition, aérienne, avec des nappes lumineuses.
Les trois hommes reviennent alors aux expérimentations en changeant les éléments de base : abandon des crissements au profit de mugissements nasillards, une cascade de notes au laptop crée une dynamique, et des bruits imitant la recherche d’une station de radio, provoquent de petits glissandos de sifflements très présents.
La guitare semble alors se diluer, devient hypnotique, jusqu’à former un drone qui restera présent tout au long de la deuxième moitié du concert. Du coup le potentiel incisif des bruitages est plus utilisé, créant un semblant de rythme et de vie. L’ambiance tente de s’apaiser et même de s’éclaircir ensuite avec l’arrivée d’une mélodie de guitare, répétitive, jusqu’à en devenir presque inquiétante. Elle disparaîtra ensuite lentement, nous laissant avec le drone qui viendra mourir doucement.

Le deuxième titre ne dure qu’une dizaine de minutes, et a quant à lui été enregistré au célèbre Rhiz, bar-club au coeur de Vienne. La durée étant plus courte, le trio va assez rapidement à l’essentiel. Après une intro encore une fois composée de ronronnement et de petites notes et sifflements suraigus, une magnifique mélodie à la fois douce et granuleuse prend le dessus. Quelques chuintements créent un rythme et plus loin une autre mélodie exécutée à la guitare cette fois se fait langoureuse. De graves vrombissement viennent ensuite apporter un peu de relief et clôturer subtilement ce disque.

Si les premières minutes de ce disque peuvent rebuter par leurs expérimentations abstraites, il suffira d’attendre un peu pour pénétrer pleinement dans l’univers de ce trio hors du commun qui parvient sans peine à prendre l’auditeur par la main pour le conduire vers des terres moins arides que celles qui figurent sur la pochette. Le deuxième morceau sera alors un cadeau bonus pour ceux qui auront franchi sans peine la première étape.
Un compromis réussi entre expérimentation et émotion.

Fabrice ALLARD
le 07/06/2003

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