Gagarin

Earthling

(Geo Records / Chronowax)

 date de sortie

00/03/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Gagarin / Geo Records

 liens

Gagarin

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Un artiste russe ? Pas du tout. Gagarin est anglais et si l’on avait jamais entendu parler de lui, c’est tout de même son deuxième album sur son propre label. Si l’on tient là un sympathique disque d’electronica mélodique, le parcours de Graham Dowdall est un peu plus chaotique et impressionnant puisque celui-ci a travaillé avec Nico, John Cale, Cabaret Voltaire et les Banshees. Etonnant donc de le retrouver ici, bien que la filiation avec Cabaret Voltaire soit peut-être encore d’actualité.

A la première écoute, Earthling séduit immédiatement par son efficacité mélodique, tout en restant très différent de tout ce que l’on peut entendre dans le genre. Gagarin propose ici des mélodies minimalistes et répétitives, et opte pour des compositions épurées. Trop peut-être, avec une précision chirurgicale où tout semble y être millimétré, et perdant du même coup un peu de chaleur.
Mais en y revenant, les défauts font rapidement leur apparition. Tous ces titres au tempo lourds finissent par lasser. Certes les rythmiques sont soignées, relativement originale en associant la richesse sonore de l’electronica sur des constructions épurées. D’un autre côté les mélodies limpides tentes d’élever l’ensemble et ça fonctionne sur le très beau 4ssq par exemple tandis que sur rtql8, un titre à la légèreté pop rappelant les Boards of Canada, le minimalisme mélodique flirte avec la facilité.

Heureusement, de temps à autre les sonorités se font plus franches, comme les rythmiques plus dures intégrant des éléments techno sur Sysex, ou le très réussi Sgurr avec son décollage vers des sphères drum’n bass, une mélodie minimaliste teintée house et des nappes mélancoliques qui viennent produire un mélange inédit.
H2So4, le titre de clôture nous laisse finalement une impression positive avec son intro ambient et une composition jouant sur les silences entre chaque note, entre chaque élément rythmique.

Earthling est un joli disque, soigné, relativement original mais pas très risqué et manquant un peu de consistance. Il paraîtra superbe lors d’écoutes distraites, rêveuses, mais risque de provoquer l’ennui si on y prête une trop forte attention.

Fabrice ALLARD
le 10/06/2003