Autechre

Draft 7.30

(Warp / PIAS)

 date de sortie

09/04/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Autechre / Electronica / Warp

 liens

Autechre
Warp

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Après deux albums mélodiques, Autechre s’est lancé dans une recherche extrême que ce soit dans la complexité rythmique ou l’épure mélodique, mais ils sont toujours là, suivis par de nombreux fidèles. Si leur musique nous touche plus difficilement, elle a toujours eu un petit quelque chose d’attrayant, parfois ludique, toujours intéressant. Avec Confield ils semblaient s’orienter vers des sonorités plus acoustiques, une voie approfondie ici, orientant leurs recherches vers d’autres chemins.

Dès le premier titre on est surpris par cette nouvelle direction. La rythmique aux sonorités certes austères et dures s’avère très régulière, presque simple, même si par la suite de nouveaux éléments viennent la déranger avec des sonorités hésitantes, tressautantes. Ce n’est qu’au deux tiers de Xylin Room que la mélodie se révèle pendant que la rythmique, elle, semble se désagréger.
Par symétrie, Reniform Puls qui clôture l’album se fait d’abord extrêmement doux avec une magnifique intro qui pourrait figurer sur l’un des premiers albums du groupe, et une mélodie qui semble fondre, se diluer, et s’effacer devant les éléments rythmiques de plus en plus nombreux qui semblent fourmiller.
Le groupe semble régulièrement revenir à des choses plus efficaces en intégrant des mélodies, des boucles rythmiques ou des éléments du passé comme les nappes glacées de Vl Al ou le groove de 6ie.Cr qui nous rappelle vaguement Doctrine sur Incunabula.

Mais comme on le disait en introduction, c’est la part d’éléments acoustiques qui semble confirmer une nouvelle orientation du duo. Les sonorités mélodiques par exemple ne sonne pas électronique. Elles semblent imiter des sons acoustiques comme les cordes d’une harpe, ou un ensemble piano, cordes et contrebasse sur Tapr.
Si l’on devinait déjà ce genre de sonorités sur le précédent album, Autechre semble maintenant se mettre à la batterie, d’abord sur IV VV IV VV VIII ou le son est tout de même retraité, puis sur V-Proc, avant dernier morceau de l’album où la batterie vient compléter puis remplacer une rythmique électronique.

Il ne s’agit certes pas d’un album très facile d’accès comme le sont les deux premiers albums du groupe, mais pour qui a suivi la carrière d’Autechre ou connaît leurs oeuvres les plus complexes, Draft 7.30 apparaîtra comme un petit bijoux, un aboutissement à toutes leurs précédentes expérimentations.

Fabrice ALLARD
le 30/06/2003

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