(Synaesthesia / Chronowax)
00/06/2003
Electronique

Apprécié sur scène en juin dernier lors d’une soirée Synaesthesia à Confluences, on découvre maintenant le duo Snawklor sur disque avec It Would Have Lived Here, leur second album, enregistré pour ce même label Synaesthesia.
Usant de sonorités métalliques disparates, posées çà et là, agrémentées de temps à autre d’un léger grésillement ou de quelques coups, le duo installe une ambiance étrange sans pour autant être inquiétante. Cependant, l’absence de nappe dans Doublivores Back rend l’ensemble un peu trop hermétique et met à jour le manque de liant entre les différents éléments utilisés par Dylan Krasevac et Nathan Gray. A l’inverse, dès qu’une texture, aussi infime soit elle, apparaît, la musique de Snawklor prend une dimension beaucoup plus intéressante. Ainsi, Assemble the Shade se trouve porté par les tintements de clochettes en arrière plan et Craykles Wonderful Time revêt un caractère onirique de par sa nappe composite.
Parfois simplifiée jusqu’à l’épure (Alloys out Cold, War in the Trees), la musique de Snawklor se veut avant tout apaisée, mais non lénifiante. En perpétuelle évolution, même infinitésimale, les compositions de Kravesac et Gray distillent tranquillement en nous leur singulière beauté. Retrouvant ensuite le long morceau ambient entendu en concert où l’on semblait reconnaître le crépitement d’un feu ou le chant des cigales, on se replonge avec bonheur dans cette atmosphère méridionale et nocturne. Enfin, le disque se clôt avec le morceau le plus mélodique de l’album où des bribes de ritournelle, juxtaposées dans un délicat collage, jouent à merveille avec la stéréo.
le 06/08/2003