(Warp / PIAS)
25/03/2003
Electronique

Après le double album bourratif Drukqs, Aphex remet ça avec une double compil qui ne risque pas quant à elle, de nous étouffer. Avec ce titre un peu provocateur, la couleur est annoncée d’entrée. On aurait également aimé que la provocation soit musicale.
Le premier CD aligne les cordes et/ou les choeurs éthérés. Ainsi les remixes de Seefeel et Gavin Bryars ne consistent qu’en quelques superpositions rythmiques sur ces éléments de base, tandis que sur le Heroes de Philip Glass de subtiles effets sont ajoutés aux voix, apportant tout juste un petit côté dérangé. Dans un style plus pop on trouve St Etienne qui n’est guère épargné par un mauvais traitement rythmique.
On retrouve réellement Aphex Twin sur le remix de Buck Tick dans les sonorités utilisées pour les mélodies, ou la teinte métallique de quelques percussions ou mieux encore sur deux titres joliment remixés de Nav Katze sur lesquels de petites mélodies malicieuses viennent se glisser. Surprise ensuite avec le premier remix qu’il fit pour Nine Inch Nails, complètement décalé, calme, expérimental avec quelques sonorités acoustiques.
Cela nous permet d’enchaîner avec les 3 meilleurs titres, dont un remix de Nobukazu Takemura avec contrebasse, clarinette et cordes sur lesquels une petite voix fredonne une superbe mélodie. Autres réussites dans un tout autre style avec la version ambient d’un titre de Jesus Jones dont les éléments rythmiques créent une certaine tension, et un titre de Gentle People qui bénéficie des bons soins du maître puisque ceux-ci sont signés chez Rephlex...
Le CD2 est en quelque sorte la face sombre de cette compilation. Sombre et rythmée, avec dans un premier temps les remixes de Die Fantastischen Viet, Mescalinium et Nine Inch Nails, qui alignent les rythmiques lourdes, métalliques et grinçantes, avec chant allemand rugueux ou nappes sombres.
C’est ensuite le rythme qui va tenir la vedette avec une série de remixes orientés dancefloor. Que ce soit pour lui-même ou pour Baby Ford, il cède à la facilité de rythmiques efficaces et d’arpèges de sonorités acides sur plusieurs morceaux absolument sans intérêt.
On ne retrouve un peu de fraîcheur qu’avec DMX Krew dont il garde l’efficacité pop 80s, et la très belle reprise de Mike Flowers Pops avec rythmique métallique sautillante et des claviers qui l’emportent doucement sur la voix pour un final très electronica aux mélodies sensuelles. Autre surprise, le remix d’un morceau de Philip Boa & The Voodoo Club, électro-pop éthérée complètement déjanté par une rythmique épileptique.
Vous l’aurez compris, la quantité est là mais il faudra chercher la qualité au détour de quelques rares morceaux, en général pour des artistes qu’Aphex Twin apprécie et respecte, ou quelques proches qui sont signés chez Rephlex. Le reste n’est souvent qu’une succession de rythmiques ayant fait sa renommée, plaquées sur les versions originales. S’écoute généralement sans déplaisir, mais d’un intérêt fort limité.
le 08/08/2003