(M-Tronic / La Baleine)
04/06/2003
Electronique

Electronica / G-Nox / Industriel / M-Tronic
M-Tronic aligne les sorties à rythme régulier et soutenu, avec comme couleur dominante, une electronica à rapprocher des musiques industrielles. Si G-Nox n’y échappe pas, cet album se fait remarquer par un parti pris expérimental affirmé au résultat séduisant.
G-Nox n’est pas tout à fait un nouveau venu puisqu’il s’agit du nouveau projet de Gerome Nox qui avait formé dans les années 80 le groupe Nox avec notamment Cécile Babiole (remarquée plus récemment pour ses travaux avec Electronicat) et Laurent Perrier qui mène seul le projet Zonk’t.
Mis à part le dernier titre, tous les morceaux de l’album s’enchaînent pour ne former qu’une longue plage inquiétante découpée en six parties. L’auditeur est lentement immergé par un léger souffle, des petits chocs et un bruit d’eau qui coule, mais petit à petit le léger souffle se transforme en tempête rugissante et prend la forme d’une grosse texture saturée en mouvement permanent.
Sur cet élément de base qui ne nous quittera plus, viennent se greffer de nouveaux sons au fil des morceaux. Un rythme lourd d’abord qui affirme la position de G-Nox au sein de la galaxie "indus", sur lequel vient se caler le vent rugissant . Retour ensuite vers un style plus ambient avec une sorte de carillon au loin, puis le bruit d’un hélicoptère dont le mouvement des pales crée là encore un rythme rapide bientôt appuyé par une grosse caisse. Des voix enfin, une superposition de voix féminines qui alignent des mots ponctués de "slash", nous rappelant AGF récitant des adresses de site internet en compagnie de Vladislav Delay, sur un drone qui se prolongera pendant les 17 minutes de la dernière partie où le terme "musique industrielle" prend tout son sens avec bruits de tôle, de machines, grésillements, et ce même rugissement de vent.
Le deuxième morceau est l’occasion de faire monter une certaine tension avec une géniale économie de moyen. Un lent martèlement, une rythmique qui accompagne l’arrivée de grésillements, un drone et des notes tressautantes. Un dernier titre qui crée une ambiance, une tension, qui n’éclatera jamais.
Peut-être la plus expérimentale des sorties du label, cet album est une superbe compilation d’ambiances inquiétantes, une atmosphère tendue de bout en bout, et un petit bijoux de musique ambient violente et lugubre et d’indus hypnotique, un peu comme si Electronicat se faisait remixer par des artistes de chez Mego. Notre gros coup de coeur du moment.
le 14/08/2003