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07/07/2003
Electronique

Richard H. Kirk, connu principalement pour avoir été membre de Cabaret Voltaire, multiplie les projets puisqu’après Sandoz (chez Touch) et Electronic Eye (son projet le plus ambient) il crée Biochemical Dread. Ceci sans parler de ses multiples collaborations dont la plus connue, Sweet Exorcist, avec DJ Parrot qui fut le premier album sorti chez Warp.
C’est un peu une nouvelle prise de contact pour nous puisque qu’on avait laissé Richard H. Kirk de côté depuis sont pourtant très joli Virtual State qui sortait chez Warp en 1993. Si le son de ce Bush Doctrine est moins orienté electronica et bleep, on retrouve toutefois quelques point commun chers à l’auteur (samples de voix, rythmes tribaux).
Tout d’abord Bush Doctrine est un disque engagé, dénonçant la guerre qui écrase et détruit des cultures ancestrales que Richard H. Kirk est allé rencontrer afin d’en sauver des échantillons sonores qu’il met en scène via des boucles, des collages, quelques rythmiques bien senties et un fourmillement de bruitages, grésillements, sifflements provenant d’ondes radio et symbolisant la société communicante occidentale.
Le mélange est donc parfois très expérimental, évoque des idées de façon assez violente comme les deux parties de Zanderix, dont la première qui ouvre le disque risque de rebuter les plus sensibles. Des morceaux à écouter avec attention afin d’en déchiffrer les multiples éléments.
L’album est donc parsemé d’extraits sonores provenant d’ondes radios, reportages TV, mais ceux-ci restent souvent au second plan. Contrairement à l’album Virtual State, le son de ce nouveau projet est chaleureux. Rythmique et basse de False Kings of the Earth se révèlent dansants, et les samples vocaux de chants tribaux ne font que confirmer cette sensation.
Les amoureux des bleeps et d’une electronica plus froide ne seront pas déçus avec quelques titres plus "bleepy" comme The Capitol of Abyssinia et ses petits sons de basses acides, ses nappes mélodiques, un mélange à la fois doux et dansant sur lequel viendra se poser un chant africain. La réussite d’un tel morceau tient à ce mélange osé et inédit que l’on retrouvera sur Where is Mr Sam ? où des instruments exotiques viendront répondre aux bleeps. On pense alors à l’album Audiotourism de Freeform.
Mais au final on ne sait trop que penser de cet album. Un engagement politique fort louable, des expérimentations osées, une electronica personnelle et dans la lignée des anciennes production de l’auteur, quelques morceaux magnifiques, mais aussi parfois un son un peu daté, quelques titres très dansants. Au final l’ensemble est agréable et laisse une impression plutôt positive, mais ce mélange semble nuire un peu à un album qui reste irrégulier.
le 25/08/2003