Anderegg

Anomia

(Apestaartje / Metamkine)

 date de sortie

00/07/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Anderegg / Apestaartje / Electronica

 liens

Apestaartje

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Notre premier contact avec Anderegg s’est fait il y a quelques mois à Confluences alors que celui-ci ouvrait une soirée du label Apestaartje en compagnie de Aero. Leur prestation consistait alors en une séduisante superposition de nappes ondulantes. On retrouve ce genre de composition sur ce deuxième album à la fois serein et hanté de délicats bruitages.

La musique de Anderegg se base sur un subtil mélange d’éléments électroniques et acoustiques qui ne semble faire qu’un. On ne sait pas si les bruitages qui parcourent ce disque sont concrets ou générés par un laptop, ou si la clarinette du morceau titre n’est pas qu’une imitation. Seules les notes de la pochettes viennent dévoiler le mystère de cette musique. Peut-être chacun des instruments (accordéon, violoncelle, clarinette...) subit de légers traitements à l’ordinateur pour lui donner cette couleur numérique et tromper l’auditeur. Seule la guitare au son généralement sec vient trancher avec le reste des compositions d’Anderegg.

L’album alterne entre petites pièces instrumentales feutrées et fragiles, et d’autres plus linéaires, un peu plus expérimentales tout en restant attrayantes. Les premières sont basées sur des superpositions de boucles mélodiques jouées en retenue, et une texture aérée faite de chuintement, sifflements qui sert de liant. One Instance and Another qui ouvre l’album en est le parfait exemple, ou encore Day Four et Thanksgiving, un titre plus lumineux que l’ambiance générale de l’album.
D’un autre côté, on trouve de longues pièces comme Rhode Island, mêlant des boucles ondulantes et une texture granuleuses qui ne cessent de rivaliser pour finir par trouver un juste équilibre au bout de 11 minutes. Ce genre d’expérimentation se révèle bien vite le plus intéressant, y compris sur un format court puisque les 2’30’’ de Blue Stamp avec grésillements métalliques et boucle d’accords francs laissent une impression de suspension assez impressionnante.

Logiquement, le compositeur tente de faire se rejoindre boucles mélodiques et expérimentation en apesanteur. Cela peut paraître maladroit sur Memorize the Following I ou les deux styles sont mis bout à bout, mais ce titre à l’avantage de créer une surprise, un questionnement sur le sens de ces textures qui viennent détruire la beauté de la mélodie initiale. Sur Historical Figure, c’est l’inverse qui se produit avec une intro faite de crépitements dans lesquels vient se fondre une mélodie, l’ensemble faisant penser à une radio que l’on capte mal qui finit par s’éteindre pour laisser le dernier mot à un drone.

Un magnifique album, particulièrement soigné, fin et riche, plein de surprises, pour amateurs d’expériences apaisantes.

Fabrice ALLARD
le 23/09/2003

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