(Warp / PIAS)
09/09/2003
Electronique

Bénéficiant de la réputation du label Warp, Chris Clark s’est vite fait repéré à la sortie de Clarence Park, puis la tournée du Warp Magic Bus. A l’époque la pochette était presque bucolique avec un paysage enneigé et un enfant au premier plan. Aujourd’hui c’est un dessin plutôt sombre et dérangé qui sert d’écrin à Empty the Bones of You, et cela reflète assez bien l’évolution de l’artiste qui gagne en maturité.
L’album s’ouvre sur Indigo Optimus, une sorte de tube electronica qui nous permet de retrouver cette rythmique sèche, ces mélodies de machines ronronnantes et comme souvent, des cassures, des changements de style assez étonnant au sein d’un même morceau. Ainsi, à mi-chemin, ce premier titre devient plus expérimental avec des sonorités qui semblent échapper au contrôle du musicien, puis on passe par une séquence façon hip-hop nerveux, pour conclure sur un magnifique final ambient aux nappes glacées.
Si l’on adopte une vision plus large, on retrouve ce terrain accidenté sur l’ensemble de l’album. Une alternance de pièces syncopées aux mélodies souvent enchanteresses comme les tintements de Early Moss sur fond de nappes granuleuses, d’interludes expérimentaux, un solo de piano sur Tyre avec une voiture qui passe au second plan, d’efficaces tubes d’electronica dansante (Wolf), de sombres expérimentations rythmiques ( Gravel (Obiteraeted) ), et quelques bijoux ambient comme le sombre morceaux titre qui commence par une sorte d’impro au tambourin sur fond de ronronnement de machines et se termine par de magnifiques nappes glacées. Dans le genre, Betty qui clôture l’album frôle le sublime avec des croisements de nappes dérangées, de cordes tendues et de voix déchirantes.
Malheureusement, Chris Clark veut peut-être trop en faire. S’il parvient à surprendre et créer des morceaux plus personnels que de simplement "faire du Warp", on regrettera quelques titres plus faibles, aux mélodies gentillettes, poppy qui dénotent un peu sur cet album. Ainsi Holiday as Brutality et la mièvrerie de sa mélodie fait directement référence à Boards of Canada. Dans la même veine, on notera un passage à vide en milieu de disque. Electronica downtempo, légère et naïve avec Slow Spines, un Umbilical Hut qui n’a d’autres fonctions que d’être "joli", et Farewell Track qui met bout à bout séquence rythmique et nappes mélodiques. Un peu faible...
Malgré ces quelques ratés, l’ensemble de l’album reste de bonne facture. Chris Clark semble trouver son style qui reste Warp-complient, mais avec ses particularités. Il faudra quand même qu’il pense à changer un peu de son, parce que l’on retrouve ici les pianos, rythmiques et basses de Clarence Park. Ceux qui trouvaient ce premier album un peu décevant devraient apprécier l’évolution.
le 21/10/2003