Apparat Organ Quartet

S/t

(Thule Musik / Import)

 date de sortie

00/01/2003

 genre

Electronique

 style

Pop

 appréciation

 tags

Apparat Organ Quartet / Pop / Thule Musik

 liens

Thule Musik

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On ne peut pas dire qu’Apparat Organ Quartet soit très connu, et il est difficile de dire s’ils le seront un jour. Toujours est-il qu’ils se sont fait plutôt bien voir récemment lors d’un concert au Centre Pompidou où l’on pouvait trouver cet album, apparemment sorti il y a près d’un an.

Derrière cet étrange nom de groupe (un quatuor d’orgues ???) se cache Jóhann Jóhannsson, fondateur du label/collectif Kitchen Motors qui sortait l’an passé son premier album solo chez Touch. Comme vu en concert, le groupe est en fait composé de cinq musiciens puisqu’un batteur vient se joindre aux quatre organistes.
Romantika ouvre l’album de façon assez représentative : arpèges et petites mélodies jaillissent de tout côtés, de longs accords servent d’accompagnement de façon toute aussi mélodique, et la batterie vient faire éclater tout ça, insufflant une dose supplémentaire d’énergie. Malheureusement, ce que l’on n’a pas perçu à la première écoute en concert, peut-être sur le coup de la découverte, c’est qu’une bonne moitié de ces morceaux restent assez proches d’un format pop, avec ses breaks, ses relances, et un chant passé au vocoder.

Par contre l’influence de Kraftwerk, si elle est bien réelle, est ici moins franche : les sonorités sont moins propres, ces orgues produisant bien souvent des mélodies grinçantes. On pourra penser aussi à Add(N) to X, mais les islandais restent plus sages, moins rock.
L’utilisation de vieux claviers nous fait penser parfois à de vieilles musiques de films de science-fiction, mais au final, on préférera les morceaux les plus calmes. Il se trouve qu’ils ont aussi en général des sons plus limpides, comme The Anguish of Space-Time et cette petite voix enfantine qui vient en contrepoint des notes de clavier sur une rythmique lente et pesante. Le ton est différent, la structure plus éloignée des standards pop. Même remarque pour Ondula Nova et son chant un peu triste ou Charlie Tango #2, qui contrairement aux autres morceaux prend le temps de parvenir à nous avec une longue intro. Rythmique lente au second plan, mélodie en décalage, son d’orgue grinçant se rapprochant de la guitare électrique, les éléments prennent place petit à petit, sans ajout de mélodie accrocheuse, et suivant une structure plus libre que le classique format chanson. Certainement le morceau le plus réussi de l’album. Pour conclure, Sofðu Litla Vél trouve son originalité dans l’absence de batterie et de vocoder. Plus mélancolique, plus aérien, il sert de magnifique conclusion à cet album, et nous rappelle Múm avec qui Apparat Organ Quartet à collaboré dans le passé.

Le fait d’avoir découvert ce groupe par un concert fausse certainement un peu notre impression sur cet album que l’on aurait aimé un peu plus aventureux, même s’il reste très plaisant et possède quelques très beaux morceaux.

Fabrice ALLARD
le 11/11/2003

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