(Temporary Residence Ltd / Import)
04/11/2003
Rock

On commençait à penser qu’on ne serait plus touché par un disque de « post-rock épique » : le dernier album de Godspeed You ! Black Emperor fut terne, celui de The Silver Mt Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band difficilement supportable, Mogwai ne parvient plus qu’à produire un bon titre par disque depuis deux albums et Do Make Say Think nous a déçu lors de leur récent passage parisien. Survient alors ce troisième album d’Explosions in the Sky et nous reprenons goût aux envolées de guitares et aux redoublements de batterie.
Associant dès le début de First Breath after Coma trémolos captivants de guitares et prenants battements de toms, le groupe américain installe rapidement une superbe mélodie soutenue par une impeccable batterie, les notes de six-cordes se font aussi claires qu’étincelantes, celles de la seconde guitare lui répondent idéalement (à cet égard, on saluera le beau travail réalisé sur la stéréo) tandis que la section rythmique maintient magnifiquement l’ensemble. A son sommet d’un bout à l’autre de The Earth is not a Cold Place, le quatuor californien fait particulièrement merveille dans le sidérant The Only Moment We Were Alone où deux mélodies de guitares se superposent avant que la batterie n’entre en jeu et que le tout n’éclate dans un final à l’allure cadencée et à la splendeur éblouissante. Plus loin, Explosions in the Sky saura également nous toucher avec Memorial malgré une mélodie plus évidente et une construction plus familière ou avec Your Hand in mine, sa batterie parfaitement carrée et ses six-cordes aériennes.
Alternant impeccablement passages plus lents et moments de tension plus intenses, Explosions in the Sky fait ainsi revivre en nous une sensation oubliée depuis le double album de Godspeed You Black Emperor ! (trois ans déjà !) : à chaque instant de grâce en succède un autre alors qu’on pensait le zénith déjà atteint. Pourtant, on ne connaît que trop ce post-rock lyrique, ses postures parfois poseuses et ses redites bien souvent inévitables ; mais ici, point d’ennui ou de sentiment de déjà entendu : tout n’est que limpidité de l’instrumentation, éclat des mélodies et sincérité de l’engagement.
le 18/11/2003