(Couchblip / Import)
01/10/2003
Electronique

Robokoneko c’est le nom de projet d’un chat-robot, un peu comme le chien de Sony. Mais c’est aussi le nom choisi par Melinda Taylor pour son projet musical avec lequel elle s’est illustrée sur diverses compilations et un CD 3" sur le label japonais Electric Avenue. Mais c’est finalement dans son pays d’origine, l’Australie, que sort Anembo, sixième référence du label et distributeur Couchblip.
Le sous-titre de l’album "Music for a Quiet Place" est parfaitement choisi et défini très bien la musique de Melinda Taylor. Une musique que l’on rapprochera très vite d’un label comme Morr Music, electronica mélodique propre et soignée, avec un équilibre parfait (ou classique) entre mélodies et rythmiques qui ne fait pas de ces pièces des expérimentations nouvelles. Les mélodies sont efficaces, la rythmique est juste là pour créer ou accentuer une dynamique et ne devient jamais envahissante.
Les sonorités sont généralement claires, limpides, et construisent des mélodies gentiment mélancolique. En effet pas de quoi s’éclater sur le dancefloor avec ce disque, mais on trouvera au contraire une douceur dans laquelle on prendra plaisir à se laisser bercer. On y trouve des ambiances de film de science-fiction (Eerie Ash et sa rythmique qui fait penser à des explosions au loin), des sonorités originales à la base de mélodies particulièrement bien fichues (Daily Monitor dont le son de synthé semble parfois tournoyer), quelques influences asiatiques dans la mélodie de Insert qui sort également du lot avec une rythmique un peu plus crade, et un dernier titre dont la mélodie part dans des envolées de clavier rappelant les grandes heures du rock progressif allemand façon Tangerine Dream.
Tout ça est très joli, immédiatement efficace, mais on aurait aimé que tout soit du même niveau que les meilleurs titres. Ainsi la faiblesse mélodique de Life By Numbers aura tendance à reporter notre attention sur une belle rythmique composée de plusieurs couches, et les nappes de claviers nous paraîtront parfois un peu épaisses sur Remind Me One Day ou Alef One.
Il en reste tout de même un bel album pour amateurs de douceurs et légèretés électroniques. Les charmes de ce petit chat-robot ne devraient pas laisser insensible les fans d’un autre chaton heureux : celui d’Isan.
le 02/01/2004