Moonman

Manipulators

(Greed Recordings Company Ltd)

 date de sortie

01/09/2003

 genre

Electronique

 style

Pop

 appréciation

 tags

Greed Recordings Company Ltd / Moonman / Pop

 liens

Moonman
Greed Recordings Company Ltd

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Moonman doit être un perfectionniste. Environ 6-7 ans après ses débuts musicaux, sort enfin ce premier véritable album pressé, après pas loin d’une cinquantaine de références, depuis les premières K7 pop-folk, des best-of, des projets parallèles (The Emphasis, Dragonfly), des lives et une première démo de cet album sortie il y a un an.
Toute ses expériences lui ont permis de créer et peaufiner un style personnel sur une somme d’influences aussi variées que Neil Young, Bjork ou Jim O’Rourke.

Dire que l’on a été séduit par le premier titre de cet album serait un compliment bien retenu. Le terme le plus juste serait bluffé. On s’attendait à une petite démo réalisée par un amateur dans son coin, et nous voici avec ce morceau non seulement techniquement parfaitement maîtrisé, mêlant pop soyeuse et efficace (superbe chant, voix magnifique, mélodie accrocheuse, guitares aériennes) et savantes expérimentations électroniques (décollage rythmique, superposition de voix tronquées et feutrées). Si l’on était producteur d’une grosse maison de disque on se serait dit "Ouh là... on tient un gros truc là !!". Mais on est passé au morceau suivant et puis on s’est dit qu’il faudrait écouter tout ça au calme et dans de bonnes conditions.
Sur le deuxième morceau des effets un peu abruptes mais pas gênant sur la stéréo surprennent. Quant à la voix, elle est toujours aussi douce et surprend encore quand Moonman crée une rupture en montant dans les aigus. Des breaks électro-noise au milieu de cette chanson pop mélancolique confirment un artiste hors norme.

Peut-être est-ce l’effet de surprise qui s’amoindrit, mais la suite, bien que toujours intéressante et efficace, paraît moins originale. Disons que la suite est plus basée sur le duo guitare-voix, avec comme souvent un son d’orgue en guise d’accompagnement. Les arrangements sont toujours soignés, les guitares claires et harmonieuses, parfois l’auteur se pose et nous offre une ballade désenchantée (Ruby with Wings) se décide à utiliser des guitares plus rock (The Distress of Delight), ou étale un titre sur près de 10mn en intégrant chanson pop et clavier rétro, post-rock avec sample de dialogue puis rythmique saturée, et final en finger picking et boucle de batterie.
Mais même sur ces chansons pop Moonman parvient sans cesse à attirer l’attention par quelques effets de style bien sentis : guitares répétitives façon Steve Reich sur Look Through the Flash Kaleidoscope..., programmation rythmique influencé par l’electronica sur le final de Fast Blast et Disconnected, un filtre atypique sur la batterie de Fix, ou encore un magnifique traitement de la voix sur Deliberate Me.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Ainsi une rythmique drum’n bass nous paraît parfois déplacée, les cordes de Disconnected jouée sur un clavier nous paraîtront un peu kitsch, mais l’essentiel est là et reste globalement d’excellente facture.

Fabrice ALLARD
le 03/01/2004