(Staubgold / Chronowax)
01/12/2003
Electronique

Comme souvent, c’est en concert que l’on a découvert Joseph Suchy, alors qu’il accompagnait Ekkehard Ehlers à la guitare lors d’une soirée dédiée au label Staubgold. Si Calabi.Yau n’est pas sont premier album, ses autres activités sont moins médiatisées mais pourtant nombreuses : co-fondateur du label Grob dédié aux musiques improvisées, membre des Nu Dub Players de Burnt Friedmann, ou du groupe Four Square Logos aux côtés de FX Randomiz et Jan St. Werner (Mouse on Mars) avec qui il crée un autre label, Gefriem, ancêtre de A-Muzik.
Avec cet album on découvre donc réellement l’univers de cet artiste qui ne faisait qu’accompagner Ekkehard Ehlers sur scène. C’est d’ailleurs un réel univers qu’il crée sur le morceau titre pendant plus de 10 minutes avec superposition de souffles et sifflements jamais agressifs, intégrant quelques fragments mélodiques, puis des notes jouées à l’envers (un tic qui reviendra régulièrement sur cet album) sur les bruits sourds d’une ville grouillante. Les trois premiers morceaux sont enchaînés, formant une seule pièce évoluant lentement. Ainsi Su-um maintient cette ambiance mystérieuse avec quelques tintements et grincements de cymbale mais une mélodie de guitare répétitive a tendance à rassurer. Enfin, sur Ka-asam, tous les éléments semblent se trouver et se soulever. Les bruitages répétitifs créent un rythme sur lequel se posent des improvisations de guitare électrique, en partie réelles, et pour une autre part retraitées, créant un mélange original.
Si les autres morceaux sont indépendants, il reprennent souvent ce genre d’ambiance ou de construction. On retrouve ainsi le même genre de guitare répétitive sur le somptueux Moo-ay, des expérimentations de guitare un peu abruptes sur Soan-ne qui finissent par se diluer en de longues nappes aux réminiscences prog-rock, un titre ambient-zen aquatique avec tintement de triangles et petits chocs de bouts de bois, ou des ambiances originales comme la fin de Kaalay dont les basses font penser à des coups donnés sur la coque d’un bateau.
Un disque plutôt inclassable, ni electronica, ni post-rock, intégrant des éléments des deux univers pour créer une musique ambient mais riche d’éléments et de techniques au service de la sensibilité.
le 04/01/2004