Kaffe Matthews

cd eb + flo

(Annette Works / Metamkine)

 date de sortie

17/11/2003

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Annette Works / Electronica / Kaffe Matthews

 liens

Kaffe Matthews
Annette Works

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A peu près une fois par an, Kaffe Matthews sort un album présentant son travail réalisé pendant l’année écoulée. Un travail qui depuis toujours s’est appuyé sur ses performances lives, soit des concerts improvisés basé sur un instrument et les sons de la salle dans laquelle elle se produit (bruits du public, des chaises...), samplés et traités en direct. N’ayant rien sorti depuis quelques temps, c’est ici un double album qu’elle nous propose, remplaçant le violon par un theremin.

Le premier CD débute lentement avec des morceaux aux titres très descriptifs. Long Line Starting est une superposition de sifflements de theremin sur différentes tonalités, se relayant les uns les autres. Sur Clean Tone Falling ce sont des glissandos qui démarrent puis se rejoigne dans un même son. Si l’ensemble est plutôt joli, on pourra aussi le trouver un peu ennuyeux. Heureusement un certain relief prend forme avec de rapides vibratos, puis des bruitages granuleux et quelques basses bien rondes.
Petit à petit la musique de Kaffe Matthews prend forme, se construit, surprend. Si les expérimentations pointent régulièrement le bout de leur nez (les abstractions de She Could, les sonorités difficiles sur Some Potential), ce premier disque fait également preuve d’une fragilité évoquée par les sons aigus, cristallins, agencés, transformés, sculptés avec finesse, créant des mélodies extraordinaires (To a Landing), des contrastes inattendus quand un sifflement suraigu croise une basse saturée rappelant un didgeridoo (Get Out More), des mélanges surprenant (For Mama intégrant des chants d’oiseaux) ou des textures granuleuses à la manière de Fennesz, mais un plus linéaires.

Le deuxième disque nous paraîtra un peu plus dure, peut-être aussi un peu plus efficace, mais pourtant pas meilleur que la première partie. On trouve d’abord quelques jolies pièces ambient, commençant par une série de bleeps plus ou moins réguliers qui s’emmêlent, se confondent, et finissent par se diluer en une nappe linéaire (Much Room). In the Dust reprend un peu cette formule en la plaçant dans un univers hostile : des grésillements, craquements, sifflements stridents parasitent d’abord les bleeps de Kaffe Matthews, puis trouvent leur place, et fusionnent en une longue nappe, une sorte de souffle fantomatique et coloré.
Mais quand on parlait de musique plus dure et efficace, on faisait allusion à des morceaux comme Boy With Dog qui avec sa structure très carrée construite a partir de sonorités brutes nous rappelle un peu Pan Sonic. Mais c’est avec Dashes Five que l’anglaise déchaîne les éléments avec une boucle de bruits qui installe un rythme régulier, ponctué de passages noisy mais assez accrocheurs.
_ Il est vrai que ce double album est peut-être un peu expérimental, et qu’il faudra du temps et de multiples écoutes pour en capter toute la beauté. Mais c’est aussi là la marque des grands disques.

Fabrice ALLARD
le 19/01/2004

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