(Hefty / Chronowax)
27/01/2004
Electronique

Hefty / Pop / Telefon Tel-Aviv
Deux ans après un premier album par endroits intéressant, mais tout juste moyen en définitive, Telefon Tel Aviv revient avec un second disque encore moins convaincant, voire franchement désagréable.
Dès le morceau douverture (When It Happens It Moves All By Itself), lépure des titres de Fahrenheit Fair Enough laisse place à une electronica chargée en effets, boursouflée, ampoulée, dopée à la grandiloquence de ses arrangements (cordes et piano Rhodes). Par la suite, la tentative de mêler électronique et funk débouche sur des ballades sirupeuses digne de la soupe rnb des radios prépubères (I Lied, Nothing Is Worth Losing That, At The Edge Of The World You Will Still Float). Sur dautres titres, cest la chanteuse de LAltra qui se retrouve embarquée dans un morceau aux allures robotiques ou dans une chanson down-tempo où elle se prend pour Tracey Thorn (on exemptera quand même Telefon Tel Aviv de tout opportunisme quand au choix de Lindsay Anderson, eu égard aux collaborations de longue date entre LAltra et le duo de Chicago).
Lécoute avançant, on commence à percevoir les raisons (inavouées) de ce recours quasi systématique à des chanteurs (six morceaux sur neuf) : il ne sert quà masquer linanité musicale (à quoi sert ce morceau-titre où se superposent des cordes tire-larmes ?) dun disque présenté comme fer de lance de la laptop-soul, nouveau courant quon espère disparaître aussi vite quil est arrivé, héritier de la vite lassante data-pop qui agita le microcosme neuf mois durant à lautomne-hiver 2002-2003. On se met alors à regretter le premier album, sa batterie « réelle », sa guitare acoustique et ses inflexions oniriques ; surtout que lindigence des textes (« I know well be there together, nothings worth losing that » « it was sunrise when we started, now the trees are gone all over and the winter sky is on me ») naide en rien un disque qui ne manquera pas de squatter les ondes commerciales et autres publications désireuses de sencanailler quelque peu en traitant dun disque « électronique ».
le 10/03/2004