(Planet Mu / La Baleine)
26/01/2004
Electronique

dDamage / Electronica / Expérimental / Planet Mu / Pop
Le nouvel album du duo parisien dDamage risque de surprendre les fans de la première heure. En même temps, voyant cet album arriver chez Planet Mu, le label de Mike Paradinas (µ-Ziq), ce son plus électro, ces rythmiques syncopées nous semblent couler de source, affirmant un changement de direction déjà perceptible lors des concerts.
Ceux qui suivent également les autres productions des deux frères Hanak et qui auront écouté l’Alien Folk Trash de Boulder dDash ne devraient pas être trop dépaysé puisque Radio Ape peut être vu comme un croisement entre les anciennes productions de dDamage et cet album paru l’été dernier chez Angelika Köhlermann.
On retrouve en effet cette électro-pop foutraque, ces mélodies immédiates, une mélancolie sous-jacente sur Liquid Words, certainement le titre le plus pop et le plus épuré même si de nombreuses petites mélodies ne cessent de rentrer en collision, ou Maeban, petite ballade tristounette noyée dans des rythmes grésillants. L’épure quant à elle sera à son sommet sur Aeroplanes, typiquement electronica avec sa superbe mélodie façon boîte à musique, ses inserts de brefs samples vocaux, et sa rythmique destructurée.
L’esprit dDamage, avec ce son brut, ces vocaux sous forme de cris saturés, on le retrouve sur trois titres justement chantés par Jbhak alors que les autres sont régulièrement le fruit de collaborations. Il provoque une foule qui lui répond en choeur sur Keedz, pousse des cris désespérés sur le plus ludique Ink et ses sonorités de jeux vidéos, et chante au milieu de délires vocaux sur le plus bruitiste I Feel So BadD.
Mais quel que soit l’ambiance du morceau, et même au milieu du plus improbable souk sonore, on trouve toujours une mélodie accrocheuse voire même entêtante. Et quand elle met un peu de temps à se former (On Precinct 13), une fois en place au milieu du rugueux squelette rythmique, elle ne vous quitte plus.
Imaginez les mélodies imparables et foutraques d’Hypo sur les rythmiques à peine ralenties d’un Venetian Snares, le tout passé au shaker punk-rock, avec des mélodies lo-fi et 8bits, mais le tout étant parfaitement mis en place, arrangé à leur façon, pour notre plus grand plaisir.
le 14/03/2004