(Progressive Form / Mochi Mochi)
00/01/2004
Electronique

30506 / Electronica / nq / Process / Progressive Form / Static / Yam
Nouvelle compilation venue du Japon sur le label Progressive Form qui sortait un an plus tôt le premier volume. Si celui-ci permettait au label de s’ouvrir un peu à d’autres genres que ceux abordés par ses propres artistes (Aoki Takamasa, Yoshihiro Hanno) avec quelques pistes electro-pop, quelques influences house ou hip-hop, ce deuxième volume laisse la place à une musique ambient, propice à la rêverie.
Si presque chaque morceau est l’oeuvre d’un artiste différent, que ceux-ci viennent d’horizons plus variés que précédemment (Allemagne, Russie, Etats-Unis), l’atmosphère et la construction de ces 10 pièces sont assez homogènes : sonorités douces parsemées de cliquetis et brefs grésillements, avec assez souvent quelques samples vocaux triturés, découpés. L’impression de cohérence est certainement due aussi à un effort porté sur le tracklisting, débutant peut-être par les titres les plus faciles d’accès, qu’ils soient un peu plus dansant ou dans un esprit plus pop, pour évoluer vers des morceaux plus contemplatifs, qu’ils soient répétitifs ou ambient.
Ainsi on commence par découvrir Katsutoshi Yoshihara avec un ton un peu décalé, avec mélodie et voix fragiles ponctuées d’éléments rythmiques arides. Avec Dublee on trouve une sorte de house déviante teintée de dub, puis le russe Serguei Iwanikov nous offre la première vraie bonne surprise avec une electro-pop douce, feutrée, chantée par un gentil robot sur des rythmiques parfaitement dosées et marquées de bleeps impromptus.
La suite est véritablement plus calme, plus douce. On aura déjà remarqué l’allemand Static (habituellement chez City Centre Offices) avec un très beau moment d’évasion cliquetant, puis son compatriote Nq (Nils Qwak) qui ose mélanger nappes limpides et mélodie nasillarde. De belles plages douces, relevées de rythmes légers mais profonds. Une combinaison que Process (généralement chez Traum) exploite à son maximum : arpèges qui font décoller, mélodies discrètes, et rythmique ondulante fonctionnent à merveille.
On passera ensuite un bon moment en compagnie de Yam qui utilise les éléments du dub (basses réverbérées) sans forcément en faire, mais il prolonge l’expérience plus que de raison, puis avec 30506 (notre coup de coeur de la précédente compilation) aujourd’hui très abstrait, nous donnant l’impression d’être à côté d’une marre, avec bruitages aquatiques, caquets, serpent qui glisse sur des feuilles et autres chants d’oiseaux.
Pour finir on retrouvera Katsutoshi Yoshihara cette fois plus construit, plus mélodique avec un magnifique morceau divinement mélancolique, puis Ametsub qui nous abandonne lui aussi avec quelques notes qui nous font abandonner le monde réel.
Dans la lignée de la précédente, peut-être même un peu meilleure. L’occasion de découvrir le label, ceux qui le connaissent déjà auront sûrement déjà ce disque lorsqu’ils liront cette chronique.
le 30/03/2004