(Quecksilber / La Baleine)
01/03/2004
Electronique

The Loop Orchestra est à la base un duo d’australiens, programmateurs radio, qui s’amusaient, expérimentaient avec le matériel à leur disposition dans une station radio de Sydney. Ils jouèrent pour la première fois sous le nom de The Loop orchestra dans les studios de cette même radio en 1983, leur musique étant diffusée en direct. Ils ont continué sur cette voie à leur rythme, produisant un premier album en 1990, suivi beaucoup plus tard par un second, en 1999 chez Endless Records.
Not Overtly Orchestral est donc leur troisième album, et ils sont aujourd’hui cinq musiciens au sein de The Loop orchestra Leur musique nous rappelle un peu celle de Institut Fuer Feinmotorik, quatuor de platinistes allemands signés chez Staubgold, mais la musique des australiens est moins mécanique, et plus orchestrée.
Le principe est un peu le même pour chaque morceau : superposition d’abord, puis enchaînement de boucles. Un peu comme s’il s’agissait d’un croisement entre Pierre Henry et Steve Reich pour l’utilisation de sons concrets et l’aspect répétitif de leur musique, même si cette caractéristique concerne plus la forme que le fond. En effet la musique des australiens évolue sans cesse, progresse, les sonorités changent au fil de morceaux qui s’étalent sur un quart d’heure, mais l’aspect répétitif n’est pas prédominant, et ce n’est qu’en portant notre attention sur ce point, sur la forme donc, que l’on saisi la construction. En clair, The Loop Orchestre n’utilise pas des boucles gratuitement, ou alors cherche à les dissimuler, par exemple en jouant des bruitages abstraits comme une nappe, ou un bruit d’eau qui coule avec lesquels l’auditeur n’entend pas le point de répétition. Même chose avec les bruitages rythmiques que l’auditeur trouvera normal d’entendre en boucle, cela faisant partie intégrante du rythme.
En ce qui concerne les morceaux ici présents au nombre de quatre, ils abordent des ambiances similaires, assez sombres, inquiétantes. Le plus évocateur sera peut-être Profiles qui nous plonge en pleine forêt équatoriale : voix tirées d’un vieux documentaire, bruits d’oiseaux exotiques, remous de l’eau, puis soupir d’une personne, pleurs d’une femme, cris et martèlement d’un tam-tam, râle et respiration exténuée d’un homme. Son of Not Overtly Orchestral qui ouvre le disque est lui plus orchestré avec des boucles de cordes, divers bruitages et rythmique mécanique qui nous fait penser aux vinyles préparés de Institut Fuer Feinmotorik.
Quant à Radiophony, il s’agit d’une pièce en hommage au BBC Radiophonic Workshop avec intro ambient et final reprenant de vieilles sonorités électroniques.
Un disque certes pas comme les autres d’un groupe qu’on ne verra probablement jamais en live alors que justement ce serait certainement très intéressant. Pour amateurs de musiques concrètes et/ou répétitives.
le 03/05/2004