(Praxis / Import)
01/03/2004
Electronique

Une chronique à but purement informatif. Si comme nous vous avez aimé le précédent et excellent album de Pure paru chez Mego il y a un peu plus d’un an, vous serez peut-être tenté par celui-ci. Mais attention, ce double album n’a pas grand chose à voir avec la sortie Mego, puisqu’il s’agit ici d’une compilation rassemblant des anciens titres parus sur divers labels, ainsi que des inédits, le tout étant plutôt sous la couleur du hardcore.
Bien sûr, ça reste plus ou moins expérimental, mais il y a quand même quelques bombes pour dancefloor déchaîné au milieu de pistes électro-bruitistes. De plus, tous les morceaux ne sont pas uniquement composés par Pure (Peter Votava), et on y trouve de nombreuses collaborations, notamment avec Ec8tor sous le nom de Violent Shit ou encore des morceaux composés par Pure sous divers pseudos.
C’est donc parti pour deux heures de matraquage de basses et de textures saturées. A moins d’être fana de hardcore, deux heures à ce rythme, c’est long, et on appréciera une petite pause entre les deux disques. D’un autre côté quelques morceaux retiendront notre attention avec une construction originale ou un parti pris purement expérimental qui peut rendre un titre à la fois efficace et intéressant.
On passera vite sur les titres les plus bruts comme ceux sortis sous le nom de Information:Overload, pur hardcore rythmique avec rémanences acides qui trahissent un peu leur âge. Un peu la même chose sous le pseudo P1 mais on sent ici que l’auteur s’amuse avec des expérimentations ludiques, notamment sur Killer Bees On Acid, une collaboration acid-hardcore avec Liza n’Eliaz sur laquelle une nappe rappelle un vol d’abeilles tandis que Tube Travel fait preuve d’une efficacité à toute épreuve avec sa rythmique lourde.
Avec Violent Shit on a déjà affaire à quelque chose de plus construit, plus expérimental, où l’on sent que le duo est à la recherche de quelque chose. Si Side A débute par une rythmique efficace, petit à petit se dessine autre chose avec des cassures rythmiques peu courantes dans le genre, des sonorités pures (sifflements aigus) et des textures saturées. Plus tard on trouvera Wsbsvoice mélangeant voix connotée (grave, sombre) et textures grésillantes sur une rythmique à peine perceptible puis Jajoukarave avec machines rugissantes et mélodie orientale saturée. Le duo privilégie les textures bruitistes aux rythmiques hardcore, et mélange les deux de façon plutôt habile sur Track5 et Side B, surprenant même avec une rythmique minimale ou au tempo modéré.
Mais le plus intéressant restera quand même ce qui est signé par Pure lui-même. Le premier morceau de cette compilation par exemple est la version audio d’une piste CD-Rom, bruitiste donc. On remarquera ensuite, avec surprise, un certain goût pour l’épure, un certain minimalisme sur Analogue Terror ou Breakfastsession qui se perd plus tard dans des nappes saturées. Le plus osé restera toutefois King Kong, composé de plages de silences brusquement hachées de crissements numériques.
On terminera avec Speeed, une sorte de tube composé par Pure vs GTI, avec samples de guitare, chant et rythmique typiquement jungle aux basses appuyées qui se prolonge étonnamment par une mélodie douce malgré un son un peu dur. Joli contraste.
Il est peut-être préférable d’être déjà amateur de hardcore pour apprécier pleinement ce disque, mais les amateurs d’expérimentations bruitistes devraient également pouvoir y trouver leur compte. Pour notre part, on consommera avec modération.
le 22/05/2004