(UWe / Discograph)
26/04/2004
Electronique

On parlait il y a quelques mois de leur maxi, voici logiquement l’album. Dans la lignée de leur précédente sortie, à savoir une électro-pop classieuse et quelques surprises bien agréables.
Depuis quelques temps on a un peu l’impression que les albums sont de plus en plus courts. Ca dépend bien sûr des genres musicaux, et du type de disque, les compilations ayant tendance à déborder. Ici, en 38 minutes OMR va droit à l’essentiel et se permet même le luxe de déborder vers des styles un peu différents. Il se trouve que c’est le bon choix : leur musique très formatée, leur style bien défini aurait pu lasser le temps de dix chansons. Ils alternent donc leurs chansons rythmiquement bien marquées et quelques instrumentaux du plus bel effet.
Les ambiances sont variées, entre l’énergie efficace de The Night, et la fragilité de Password, cet album nous donne un bel échantillon de la palette sonore du duo français. La voix de Virginie n’est pas en reste, mais on regrettera qu’elle monte parfois un peu trop haut sur Password et Wholly sur lequel elle nous paraîtra mal assurée. D’autant plus dommage qu’elle nous offre de belles intonations sur The Night, et nous rappelle même la chanteuse de Bel Canto sur Addict, très belle pièce de pop aérienne.
On ne sait alors trop que penser d’OMR : alors que l’on commence à comprendre la "formule", on tombe sur Confabulation : basse, piano, batterie, cordes, une orchestration qui nous fait plutôt penser à Nick Cave ou aux Tindersticks jusqu’à ce qu’une nappe de clavier tournoyante vienne briser toute étiquette.
La surprise dont on parlait un peu plus haut, elle consiste donc en trois instrumentaux qui montrent que le groupe sait aussi s’affranchir de la recette pop. On avait déjà remarqué le superbe et planant Extension sur le maxi, mais on trouve aussi He’s Up To All The Tricks au parfum de far-west malgré sa rythmique très cassante, et pour finir on a l’impression qu’OMR a beaucoup écouté Mogwai puisque The Last est construit sur une lente montée rythmique et mélodique du plus bel effet, toujours en version électronique.
On a parlé de beaucoup de groupes ici, mais OMR ce n’est pourtant ni Bel Canto ni Mogwai. Mais écouter Side Effects nous donne l’impression que Ms John Soda a digéré toutes les influences citées plus haut. Un album qui pourrait faire un carton, et c’est tout le mal qu’on leur souhaite.
le 14/06/2004