Howie B.

Last Bingo in Paris

(Mk2 Music / Warner Music)

 date de sortie

01/06/2004

 genre

Electronique

 style

Electro

 appréciation

 tags

Electro / Howie B. / Mk2 Music

 liens

Howie B.
Mk2 Music

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Howie B. n’est plus vraiment à présenter. Cet écossais qui travailla avec Björk sur ses premiers albums, fondateur du label Pussyfoot Records, découvreur de talents (on se souvient de Spacer en 1996), lancera sa carrière solo avec Music For Babies, bénéficiant d’élogieuses comparaisons avec les Music For Airport et Music For Films de Brian Eno avec qui il travailla par la suite. Musique pour film, voilà une transition toute faite pour parler de Last Bingo in Paris, son dernier album, véritable bande originale d’un film qui n’existe pas.

Ce nouvel album trouve naturellement sa place chez Mk2 Music, label travaillant entre autre sur le rapport entre son et image. Sauf qu’ici il n’y a pas d’images. Un CD, 18 morceaux correspondants à autant de scènes parfaitement décrites dans le livret. L’auditeur devient alors réellement actif en lisant ces extraits de scénario et en se faisant son propre film.
Voilà une idée originale et séduisante sur le papier. Il se trouve que le résultat est assez étonnant. Il se trouve qu’on avait un peu abandonné Howie B. après ses deux premiers albums, et on a ici l’impression qu’il revient au son très électronique de ses musiques pour bébés, abandonnant un peu une image trip-hop (instrumental) devenue un peu dure à porter avec le temps.
On ne va pas détailler ici toutes les scènes, mais on en retiendra quelques unes parfaitement mises en musique. Ouverture d’orgues mélancoliques, bleeps modernes, et sonorités rétro façon Pierre Henry sur 88 : deux femmes se font leurs adieux sur le quai d’une gare. Nous sommes le soir, la ville s’éteint, le train s’éloigne, on s’y croit. Pendant ce temps à l’autre bout de la ville, un couple se dispute, une poursuite s’engage dans la circulation urbaine, provoquant un accident : rythmique soutenue sur Chase, mélodie saturée faisant penser à la tôle froissée, et toujours le même genre de sonorités, entre modernité et charme rétro.

Le scénario comme la musique sont à cheval entre le rythme soutenu d’une vie urbaine et une sorte de nonchalance nostalgique. Un album à la fois plein de vie comme ces jeunes qui se chamaillent dans un fast-food (Mayonnaise) et des adultes qui font le point sur leur vie, assis sur un banc devant un fleuve (Bingo Theme), propices à de jolis morceaux ambient, parfois un peu sombres ou tristes comme Flashback ou Cab Journey et son piano solo.
Autres moments bien rendus, lorsque des personnages sont en pleine réflexion, et finissent par comprendre ou prendre conscience de quelque chose : intro ambient et lente montée, jusqu’au déclic qui semble remettre la machine en route.

Mis à part un petit essoufflement dans la deuxième moitié de l’album, ce Last Bingo in Paris reste une excellente surprise plutôt inclassable. Entre electronica, trip-hop et musique de film, à écouter seul chez soi dans le noir, pendant une nuit pluvieuse en regardant la ville par la fenêtre sur laquelle ruissellent les gouttes, au rythme des notes de piano.

Fabrice ALLARD
le 15/06/2004

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