(City Centre Offices / La Baleine)
14/06/2004
Electronique

Cela fait quatre ans quArovane navait pas sorti de véritable album. Bien sûr, on avait eu le droit à Icol Diston, savoureuse compilation de ses 12" sur Din, à sa collaboration avec Phonem et à deux singles, mais de nouveau long-format personnel original, point. Cest dire lattente suscitée par Lilies, troisième album dUwe Zähn après un Atol Scarp plutôt centré sur les rythmiques et un Tides où les mélodies prenaient le dessus.
Fortement inspiré par un voyage au Japon du musicien allemand, Lilies ne fait pourtant jamais dans le japonisant décoratif, se contentant dintégrer la voix de la chanteuse Kazumi (qui sen sort bien, quelle intervienne par petites touches ou ait le premier rôle). Sur ce nouvel album, on retrouve par ailleurs, avec plaisir, les sonorités de guitare digitalisée semblables à des notes de clavecin quon avait déjà pu appréciées sur Tides ainsi que les légères bribes hip-hop et cette incomparable science mélodique qui caractérise Arovane. Quoi de neuf alors ? Probablement une mélancolie encore plus marquée quauparavant, une concision dans le propos (neuf titres et trente-six minutes) et une volonté daller vers une certaine épure musicale (en atteste la quasi-absence de polyrythmie).
Bien quéclaircissant ainsi sa production, le berlinois nen demeure pas moins attaché à des structures riches et soyeuses tels ses entrelacs de cordes et notes cristallines dans le morceau titre qui apparaît, en outre, comme étant peut-être la plage la plus réussie avec Instant Gods Out Of The Box. Dans ce dernier morceau, rythmique et cascade de petites notes se mêlent harmonieusement tandis quune basse de synthé densifie lensemble. On en arrive au titre de clôture, Good Bye Forever, dont lintitulé ne laisse présager rien de bon, dautant plus quon apprend quUwe Zähn a démonté son home studio à la fin de lenregistrement de cet album et sest même débarrassé de son laptop ; on en vient alors, logiquement, à envisager Lilies comme léventuel crépuscule de la carrière musicale dArovane (sentiment que des longues et profondes nappes de synthé, résonnant comme un adieu, ne feront quaffermir). Partant, notre considération de cet album change quelque peu : de disque mineur à laune des autres productions de son auteur, son statut d’hypothétique conclusion en fait une forme attachante de testament musical.
le 20/06/2004