(Staubgold / Chronowax)
21/04/2004
Electronique

Ambient / Ekkehard Ehlers / Franz Hautzinger / Joseph Suchy / Staubgold
Ekkehard Ehlers et Joseph Suchy, voilà qui est déjà gage de qualité. Avec eux, on retrouve Franz Hautzinger (autrichien, signé chez Grob), également improvisateur, mais dont l’instrument de prédilection est la trompette, offrant ainsi une nouvelle direction de recherche sonore à ses deux comparses. Le trio se retrouve ici pour la partie musicale d’un projet plus large, une installation architecturale et graphique à la Fondation Serralves, à Porto.
On trouve ici 40 minutes de musique qui ne forment qu’une seule pièce, divisée ici en cinq plages, dont quatre d’entre elles frôlent les 10 minutes. Si l’on dénote quelques variations d’ambiance entre chacune de ces plages, la structure de chacune d’elles reste plus ou moins la même. Un base très calme, plutôt ambient, sur laquelle viennent se poser divers éléments qui créent une sensation de mouvement tout au long de l’écoute. Par ailleurs les éléments se dépassent, se relaient les uns les autres, jouant des coudes par moment.
Concrètement, on trouve des intros plutôt abstraites pour chaque mouvement où guitare et trompette cherchent leur place, et de petits bruitages ou sons concrets de la part de Ekkehard Ehlers, aux évocations généralement bucoliques (bruits d’insecte, écoulement d’eau). Une fois les musiciens d’accord, on peut trouver de douces nappes de trompettes qui s’immiscent entre les bruitages et viennent magnifiquement rivaliser avec la guitare, former un ensemble fragile, fracturé et mélodique de toute beauté.
Le dosage de chaque instrument semble frôler la perfection. La guitare de Joseph Suchy prend le devant sur le premier mouvement, plus tard c’est la trompette qui s’échappe pour une troisième piste très proche du free jazz, et pour finir, retour dans les années 70 avec un style psyché-planant avec des nappes de clavier tournoyantes auxquelles semble répondre la trompette. A chaque fois, de légers traitements viennent ajouter un peu de piment, quelques glitchs par ci, quelques grésillements par là.
Voilà un disque qui pourrait paraître expérimental avec son fourmillement de sons divers, mais il y a toujours une trame, un son, un début de mélodie qui viennent au bon moment rattraper l’auditeur égaré pour le remettre sur les rails, et au bout de 40mn, on regrette d’être déjà arrivé à destination. Tout simplement envoûtant.
le 16/07/2004