(Mosz / Metamkine)
28/06/2004
Electronique

On l’attendait avec impatience, voici la nouvelle sortie du label Mosz, fondé par un membre de Radian et qui nous présentait il y a quelques mois l’album de Kapital Band 1. On retrouve ici un proche de ces autrichiens puisque Martin Siewert, allemand nouvellement installé à Vienne, travaille déjà avec Dieb13 (on se souvient de leur très bel album avec Pure), notamment au sein de EFZEG, et avec Martin Brandlmayr (batteur de Radian) au sein de Trapist. Mais si Martin Siewert a déjà collaboré avec de nombreux artistes, il s’agit là de son premier album sur lequel il nous présente une nouvelle facette, certainement plus personnelle, mais en tout cas assez étonnante.
On est plutôt en terrain connu pour commencer avec une sorte de nappe d’orgue parsemée de chuintements, grésillements légers, sur laquelle se pose quelques notes de guitare éparses. Une ambiance, calme, détendue, au charme un peu rétro et champêtre. On imagine facilement la scène, quelqu’un qui courre dans un champ, les cheveux aux vents, images ralenties un peu surexposées. Et puis alors qu’on ne s’y attend pas, quelques notes électroniques façon Pacman apparaissent, cassure, et une mélodie d’orgue naïve, voire délurée fait basculer ce premier titre vers un tout autre style qui se confirme ensuite par des mélodies électroniques sautillantes. Martin Siewert s’amuse ainsi à perdre l’auditeur en route, à le surprendre sans cesse, mais ces cassures et changements de styles trouvent assez logiquement leur place sur des morceaux particulièrement longs (3 des 5 morceaux de cet album durent 10, 13, et 18 minutes). Sur les deux autres morceaux, Siewert va à l’essentiel, construisant une electronica joyeuse, légère mais habile sur Attraktor, et ébauche, en amenant petit à petit tous ces éléments, un tube post-rock qui n’est pas sans rappeler Tortoise sur Valentine, avec sa rythmique complexe et ses guitares tantôt langoureuses, tantôt plus rock, dans un esprit 70s.
Sur No Need to Be Lonesome, on retrouve un peu le style du premier morceau, mais peut-être plus maîtrisé, moins fou, avec une première moitié très post-rock, doux et aérien, des alternances de calme et de petites reprises plus rock avec un parfum 70s, puis quelques bidouillages électroniques où l’on sent les vieux claviers analogiques, et une rythmique assurée par Martin Brandlmayr, mais relativement classique en comparaison à son jeu au sein de Radian. Pour finir, Any Other Way to Go ? mêle encore les styles avec une intro de drones noyés dans les grésillements, puis une mélodie pop qui colle au groove parfait de la basse, et petit à petit le morceau devient plus léger, plus pop dans l’esprit, avec les guitares qui prennent le relais de la mélodie électronique.
Martin Siewert délivre là un premier album assez surprenant, n’hésitant pas à passer de l’electronica ludique à la pop, mâtinant le tout d’un décalage post-rock, pour au final faire un disque que l’on rangera pas loin de To Rococo Rot ou Kreidler.
le 22/08/2004