Staffan Wessman

Debut

(N-Rec)

 date de sortie

15/07/2004

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / N-Rec / Staffan Wessman

 liens

Staffan Wessman
N-Rec

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Voici la quatrième sortie du jeune label N-Rec qui nous délivrait il y a à peine un an le superbe album de Heller. Un label globalement axé sur l’ambient et l’electronica expérimentale, en revendiquant une recherche sur la perception que l’auditeur peut avoir de ces musiques. La première sortie, le Panotii de Frédéric Nogray s’inscrivait tout à fait dans cette démarche, l’auditeur étant immergé dans des boucles ultra-répétitives. Ce premier album du suédois Staffan Wessman est dans cette lignée, répétitif et hypnotique, tout en dégageant quelque chose d’autre. Autre chose qu’un simple concept expérimental, le petit plus qui en fait un grand disque.

Alors que les cinq pistes (pour 57 minutes) de cet album ont bien un style de composition, ou un son qui leur est propre, il s’agit pourtant de deux pièces, respectivement divisées en deux et trois mouvements.
La première partie de Unison, n’est pas forcément la plus facile d’approche mais permet d’appréhender le style de l’artiste. Pendant près de 12 minutes, des boucles de ce qui semble être des tintements de cloches retravaillés, se superposent et subissent de subtiles variations (déphasage, léger changement de tonalité, variation de l’effet d’un filtre) jusqu’à ce que l’ensemble s’agglomère pour ne former plus qu’une nappe. Un changement qui se fait presque à l’insu de l’auditeur qui ne peut percevoir ces changements infimes, dont l’addition contribue à ce complexe échafaudage. Le second mouvement reprend cette construction, mais avec des sons plus doux, des boucles plus lentes, donnant l’impression de flotter dans la douceur de nuages cotonneux. Comme sur le premier mouvement, de petits grésillements et autres glitchs métalliques ponctuent le morceau, jusqu’au décollage vers une nappe riche de tous les éléments qui la composent.

Cirkulation, le deuxième morceau, ne crée pas un changement radical avec son prédécesseur. Alors que les strates étaient déjà présents et en mouvement sur Unison, on les voit ici se superposer au fil des trois parties qui composent l’autre moitié de l’album. Une nappe de laptop hésitante, presque frétillante, sur laquelle une note de guitare, grave, lente vient se poser. Et puis celle-ci se dédouble, mais les boucles continuent, se déphasent lentement. Là encore, quelques fins bruitages semblent ramper sur ces nappes, en grésillant, glissant, et provoquant d’autres micro-bruits au gré des aspérités du matelas sonore.

On a parfois l’impression que le disque n’est pas facile d’accès, mais cela est sûrement du aux sonorités utilisées dans ces pièces. Certaines, rappelant un instrument acoustique peuvent faire passer celle-ci pour de la musique électro-acoustique alors que d’autres, plus douces ou abstraites nous portent vers des terres inconnues. On pourrait comparer cet album à Steve Reich pour la composition, et Biosphere pour le style musical. On est d’ailleurs jamais bien loin du Shenzhou du norvégien.

Fabrice ALLARD
le 31/08/2004

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