(dOc Recordings / Import)
14/06/2004
Electronique

Commençons par un petit rappel à propos de dOc, label autrichien fondé par Pure qui se sert de ce label pour sortir ses divers disques, fruits de collaboration avec Dieb13, Martin Siewert, ou plus récemment avec John Dekam pour une sortie DVD. Cet album, sixième référence du label, est le premier sur lequel Pure n’intervient pas, véritable premier album d’un artiste pourtant pas nouveau.
Jasch est suisse, et s’est déjà fait remarqué dans le monde de l’art pour des performances liées aux nouvelles technologies, des installations interactives en utilisant Max/MSP. La musique n’était alors qu’une extension, une suite logique à ses précédents travaux, mais aussi un retour aux sources, ou une manière de relier deux disciplines pour ce diplômé en jazz possédant également une maîtrise en arts appliqués.
Du jazz, il ne reste pas grand chose dans la musique de Jasch que l’on qualifierait plutôt de néo-classique dark-ambient, un peu comme si Fennesz collaborait avec un ensemble de cordes, mélangeant avec aisance éléments acoustiques et électroniques, comme sur Shimmer où des sifflements presque stridents côtoient d’inquiétants accords de violoncelle.
Si le début de l’album, certes très joli, hypnotique, repose un peu trop sur la même formule, celle-ci devient un peu plus complexe au fur et à mesure que Shimmer se déroule. L’instrumentation est parfois un peu plus riche avec ce qui se rapproche d’un mélodica et d’une guitare sur Archipetalia Auriculata, des bruitages électroniques servant de rythme sur Java House pm, et plus tard un style plus proche d’une musique classique contemporaine sur Nanosphere Nenuphar, et de l’improvisation sur Levity’s Rainbow avec ses éléments rythmiques déglingués.
On reste donc toujours à mi-chemin entre laptop-glitch et musique classique, les cordes omniprésentes se trouvant régulièrement marquées de quelques craquements et enveloppées de souffles parfois presque noisy. On notera enfin que Shimmer a été presque entièrement enregistré lors de sessions lives, une formule qui réussit plutôt bien à ce type de musique qui ne répond pas à une construction figée.
Nouvel artiste chez d0c, mais pas de changement de style puisque Shimmer trouve logiquement sa place sur le label de Pure. Même approche ambient, un son dense, avec ici en plus un goût prononcé pour les cordes, permettant peut-être à un autre public de s’intéresser à cette musique.
le 21/09/2004