(Quecksilber / La Baleine)
15/09/2004
Electronique

Future Jazz / Improvisation / Kammerflimmer Kollektief / Post-Rock / Quecksilber
Dernière sortie chez Quecksilber, un autre label au parcours sans faute, Hysteria est en fait une réédition qui permettra peut-être au groupe de se faire un peu plus connaître. Leur dernier album étant sorti chez Staubgold, c’est chez Payola que ce combo allemand a débuté et a même sorti la première version de cet album aujourd’hui épuisé. Quecksilber lui donne une seconde vie, en l’agrémentant de deux nouveaux morceaux.
La musique de Kammerflimmer Kollektief est à cheval entre deux styles finalement pas tant éloignés, mais les aborde d’une façon assez particulière, cherchant parfois la fusion parfaite, et se bornant par ailleurs à l’un des deux genres. Justement, venons en aux faits en parlant des deux premiers morceaux assez représentatifs de l’ensemble du disque.
Le premier, Hysteria, débute par une nappe de souffle, quelques bips robotiques, longs glissements d’archet sur des cordes, et une accrocheuse boucle de basse. Par moment l’improvisation est mise en avant, lançant quelques bruitages, de timides souffles de cuivres, ou une charmante mélodie de guitare. Le mélange est alors parfait entre un post-rock à la structure marquée, reconnaissable et immédiatement séduisante, et un jazz improvisé, axé sur l’expérimentation. Un croisement intéressant et fort bien amené.
Avec Seen (not Seen), c’est l’improvisation qui est mise en avant avec des superpositions de cuivres en roue libre, et une rythmique foisonnante, et de plus en plus riche. Celle-ci sera encore assez structurée, pourra même rappeler Tortoise, mais au fur et a mesure que l’on avance dans l’album, cette scission se fait de plus en plus forte.
Engel Wacht, moment fort de l’album, comblera les fans de Labradford avec cette boucle de guitare contemplative et ses nappes lancinantes façon ambient mystique avec ici une part d’improvisation très discrète.
En contrepartie, des pièces comme Zikaden, Vielleicht (l’un des deux nouveaux morceaux) ou Auguri, Auguri sont majoritairement de l’improvisation. On y retrouve les éléments classiques du jazz improvisé avec des rythmiques cassantes, imprévisibles, des souffles de cuivres inhabituels, quelques notes de contrebasse, et de multiples bruitages, couinements, imitations de bruits d’animaux, et quelques sonorités électroniques, le tout élaborant petit à petit une certaine tension quand tous les éléments se rejoignent.
Pour clôturer l’album, une très belle pièce de plus de 13 minutes, apparemment largement improvisée, mais dans un style peut-être plus facile à aborder puisque très calme, ambient, utilisant de nombreuses nappes électroniques sur lesquelles se posent les éléments acoustiques.
Une grosse surprise que cet album, à mi-chemin entre un post-rock composé et un jazz improvisé. Un disque qui devrait ravir et peut-être convertir les fans de Tortoise, mais peut-être aussi le disque idéal pour qui veut s’essayer à la musique improvisée sans avoir à se buter sur un disque trop difficile d’accès.
le 27/09/2004