(Neo Ouija / La Baleine)
20/09/2004
Electronique

Quelques mois après la découverte de Faction, Neo Ouija nous offre le premier album de Zegunder, duo israélien qui œuvre avec grâce et talent dans le champ auquel le label anglais s’attache le plus fréquemment : l’electronica mélodique.
Onirique au possible, la musique de Zegunder charme immédiatement par sa capacité à nous émouvoir avec une simple combinaison de notes et de chatoyantes nappes de synthé. Ciselant à merveille leurs rythmiques, Alosha Tsinovoi et Gil Cohen témoignent d’une parfaite connaissance et maîtrise du genre : constructions captivantes, lignes de guitares ensorcelantes (Too much TV), sonorités séduisantes et savant ajout de lointaines bribes de voix féminine (Fish & Chips). S’ils ne transcendent pas le genre ni le révolutionnent, les israéliens n’en livrent pas moins un disque particulièrement agréable dont l’écoute ravira indubitablement les amateurs du genre.
Composé de morceaux peu longs (pas plus de cinq minutes), Distant Birds… ? Thought they were Leaves fait parfois dans l’arythmie, des textures granuleuses en flux et reflux faisant office de pulsation (After the Rain). Au zénith de leur art dans Too Much TV, Alosha Tsinovoi et Gil Cohen y tissent des entrelacs de guitares qui viennent percer la couche ouatée constituée par une petite rythmique en « vent électronique » tandis qu’une évanescente voix se fait jour au loin. Morceau de clôture du disque, On top of Mt. Fujiyama se compose de deux parties : la première est un enchevêtrement de nappes aériennes comme en écho à l’actuelle vague d’electronica-shoegazing, la seconde, plage cachée, se veut délibérément mélancolique comme un touchant au revoir.
Découverte majeure, Zegunder est une pépite de plus à mettre au crédit de ce label, décidément passionnant (qui mériterait, du reste, une reconnaissance plus convenable à son statut), qu’est Neo Ouija.
le 28/10/2004