(Moteer Records / Import)
27/09/2004
Electronique

Electronica / Moteer Records / The Archivist / The Boats / Theodore And Hamblin
Après le très bon EP de The Remote Viewer sorti en mars dernier sur City Centre Offices, Craig Tattersal s’associe à Andrew Hargreaves et à une certaine Elaine (son nom ne nous est pas dévoilé) pour nous offrir, sous le nom de The Boats, un album, sortant sur le propre label de Craig Tattersal, le formidable Moteer (trois sorties en un an et demi, trois réussites).
Dans la lignée du disque printanier évoqué à l’instant, le trio nous propose une electronica vaporeuse sur laquelle une voix féminine murmurante vient poser, dans le premier tiers du disque, son envoûtant timbre. Ce sentiment de proximité avec You’re Going To Love Our Defeatist Attitude est d’autant plus renforcé qu’Elaine possède un grain de voix très proche de celui de Nicola Hodgkinson et que les rythmiques et sonorités synthétiques utilisées sont toujours aussi proches de gouttelettes de pluie ou de craquements de bois (comme un vieux gréement, justement).
The Boats se démarque toutefois de The Remote Viewer par son emploi d’instruments divers : accordéon, mélodica, toy piano, batterie réelle. Usant avec parcimonie de ces ressources, le groupe choisit de toujours rester dans la retenue (même quand la pulsation se fait plus marquée et plus sourde : You Run Circles Around Me ou A Volume of Typefaces) et de privilégier la délicatesse des ambiances à l’emphase des orchestrations. Pour autant, la formation de Leeds ne sombre jamais dans un excès de contrôle qui ferait de Songs by the Sea un disque corseté et enserré dans son postulat initial ; au contraire, en prônant l’économie de moyens et le doux maniement des instruments, il permet à l’auditeur de laisser libre cours à son imagination.
Davantage qu’un projet parallèle permettant à Craig Tattersal d’occuper son temps (alors que le quatrième album de The Remote Viewer, qui devait sortir fin 2004, est repoussé à 2005), The Boats apparaît comme un véritable groupe à l’âme, certes embrumée et délibérément mélancolique, mais profondément sincère et touchant.
le 14/11/2004