(Plop / Mochi Mochi)
15/11/2004
Electronique

Anne Laplantine / Electronica / F.S. Blumm / Greg Davis / Guido Möbius / Plop / Semuin
Comme chaque automne, F.S. Blumm nous livre un nouvel album et, comme chaque automne, il change de label : cette fois-ci, ce sont les japonais de Plop qui l’accueillent pour un projet un peu différent de l’album traditionnel. En effet, le musicien allemand, après avoir enregistré un titre (Coop. Comp.), l’a envoyé à dix de ses amis en leur demandant de broder dessus ; associant parfois les résultats, il en fit six nouveaux morceaux à mi-chemin entre remixes et reprises. Par ailleurs, Sesamsamen nous offre trois versions d’un autre titre (Leben Läuft) : une où Blumm est seul et deux autres où il est accompagné.
Alors qu’à l’origine, Coop. Comp. voit s’ébrouer une guitare rapide, soulignée par d’espiègles notes de vibraphones, l’harmonium de Greg Davis en fait une pièce ambient tout juste perturbée par le sample de Blumm jouant au mini-golf de salon ; de même, plus loin, le musicien américain créera une dense texture composée de profondes nappes de guitare. Dans la version avec Guido Möbius, on retrouve la légèreté originelle, mais le toypiano et le clavier la teintent d’une sereine mélancolie tandis que Jan et Wilm Thoben apportent une dimension organique à la cavalcade mélodique digitalisée par l’adjonction d’une batterie, d’un harmonica et d’une clarinette. Arrive ensuite la version avec le plus d’invités : Harald « Sack » Ziegler, compagnon de longue route de Blumm, ajoute des samples vocaux issus de jouets pour enfants, Vanishing Breed de caressants arpèges de guitare acoustique, Greg Davis des glitchs et Marcel Türkowsky une basse chargée de fédérer l’ensemble pour le résultat le plus accompli de tous. Enfin, la version où Anne Laplantine joue du glockenspiel et Bernt Nellen de diverses percussions débute en douceur avant de se terminer dans un fatras de toms et cymbales.
Quand Leben Läuft est entièrement joué par Frank Schültge Blumm, c’est une pièce plutôt traditionnelle pour l’allemand : superposition de mélodies provenant de plusieurs instruments, construction soignée et résultat flirtant avec un spleen raffiné. Dans la version « de chambre », Jan Thoben s’occupe, au vibraphone, de la mélodie principale pendant que Blumm est à la basse, au melodica et à l’harmonium pour un morceau qui aurait gagné à être plus concentré. Enfin, dernier titre du disque, la version « texte » de Leben Läuft nous donne à entendre Björn Kuligk dire trois courtes nouvelles autobiographiques en allemand (traduites en anglais dans le livret) et Blumm se charger de la partie instrumentale ; très intéressant quand les deux vont de pair, le morceau se fait, en revanche, redondant quand il est uniquement instrumental.
le 19/11/2004