(Leaf / Chronowax)
11/10/2004
Electronique

Electronica / Future Jazz / Leaf / Triosk
Ils sont rares les projets unissant musique improvisée, électro-acoustique et electronica, qui réussissent à dépasser l’aspect référentiel aux 3 genres sus-cités. C’est pourtant le cas de ce Moment Returns signé Triosk. Trio formé en 2001 à Sydney (Australie), la réputation de Triosk est déjà établie dans son pays d’origine. Étonnamment Moment Returns est leur premier album et c’est à l’excellent label de Tony Morley (ex-attaché de presse chez 4AD) et de Graham Sutton (ex-Bark Psychosis et actuel Boymerang) The Leaf Label (qui produit également Murcof, Manitoba ou Coleen) qu’ils doivent leur première apparition public.
Malgré un passif artistique plutôt chargé en matière de musiques improvisées, free jazz et électro-acoustique savante, Triosk étonne par la fraîcheur de ses compositions. Ni trop intellectuelle, ni trop facile, la musique du trio émarge dans les interstices de la musique actuelle. Dés l’introduction (The Street Are Empty, quel titre !) l’orientation aventureuse des trois musiciens se fait sentir. Morceau ambiant plutôt abstrait bâtit sur des ondes sinusoïdales aiguës, il déstabilise immédiatement l’auditeur à dessein. Stratégie de diversion vite comprise par celui-ci, à l’écoute du track 2 en total antinomie avec le précédent. Chronosynclastic Infunabula est une ballade hybride, surfant sur les sommets de l’improvisation, accompagnée de la résonance profonde d’une contrebasse et des envolées de piano. Tout l’album est de ce calibre. Chaleureux et même hypnotique (Two:Twelve, I Am A Beautiful and Unique Snowflake), mélange de jazz, d’avant-garde et d’ambient électronique (Love Chariot) rappelant les meilleurs moments de la musique tonale des 60’s et 70’s. Impossible alors, de ne pas penser à Herman "Sonny" Blount, plus connu sous le nom de Sun Ra et à ces séances de transe savamment orchestrée.
A noter que ces sessions furent enregistrées avec un autre passionné de Sun Ra, Jan Jelinek (aka Farben, Gramm et bien d’autres pseudonymes) à l’occasion de 1+3+1, album ou l’allemand s’accompagne du trio. On retrouve également un peu de La Nouvelle Pauvreté, (Scape, 2003) dans ce Moment Returns, normal puisque certains morceaux datent de cette période et furent enregistrés durant les nuits où le studio était inoccupé. Bref, si vous aimez le jazz électronique aventureux, loin des clichés Jazzanova et consort, ou simplement l’electronica chaleureuse sous influence berlinoise, ce disque des antipodes est pour vous !
le 30/11/2004