(Hefty / Chronowax)
25/01/2005
Rock

Un concert au Nouveau Casino dont on était ressorti mitigé, une signature, pour ce nouvel album, sur Hefty (label que nous apprécions assez peu), la présence de Joshua Eustis des sinistres Telefon Tel Aviv à la production et un single à l’automne, Bring on Happiness qui, outre une B-side convaincante (Soft Collapse), était moyennement emballant : Different Days, troisième long-format de L’Altra ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices.
Mais, au bout de quelques minutes, on est pleinement rassuré : après In the Afteroon qui avait permis au grand public de faire sa connaissance, le groupe chicagoan n’a rien perdu de sa superbe et sait toujours nous émouvoir. En effet, Sleepless Night, titre d’ouverture, emporte d’emblée le morceau (comme Soft Connection dans l’album précédent, du reste) : deux premiers tiers où seuls la voix de Lindsay Anderson et un piano percent sur une texture faite de cliquetis avant un final où les autres instruments (basse, batterie, guitare) rentrent en jeu pour une envolée post-pop du plus bel effet. De fait, ce final plus enlevé et plus riche, au caractère plus lyrique, se retrouvera dans d’autres morceaux de l’album qui alterneront entre couplet à l’orchestration retenue et refrain où les instruments se font plus éclatants (It Follows Me Around, Mail Bomb, Morning Disaster) ; pour autant, l’ensemble parvient à ne jamais tourner à la formule car le groupe sait faire dans la mesure, ne répétant ces passages plus « sonores » qu’une fois, voire deux, par titre.
Par ailleurs, les points forts de la formation états-unienne sont toujours là : qualité des harmonies vocales entre Lindsay et Joseph Costa (So Surprise) ; brillance des compositions et émotion à fleur de peau (le gracile There is no). Comme auparavant, quand cordes (Better than Bleeding) ou cuivres (So Surprise) sont conviées, c’est un ravissement. Si le groupe se fait un peu plus facile par moments (Bring on Happiness et ses influences hip-hop pas forcément bien digérées, la rythmique électronique de A Day Between, instrumental plutôt intéressant au demeurant), on préférera retenir le caractère soyeux de la majeure partie des titres qui font, comme de coutume, preuve d’un indéniable renouvellement et constituent un élément de plus de la très belle discographie de L’Altra.
le 29/01/2005